UFC-Que Choisir de Nantes

Nos enquêtes

Vivre en maison de retraite ?

Le vieillissement de la population et la progression de la dépendance poussent chaque jour davantage les familles à envisager le placement d’un de leur proche en établissement.
Aujourd’hui, les Français retardent au maximum leur entrée en maison de retraite, jusqu’au moment où le maintien à domicile est devenu trop couteux ou ingérable. Dans 75 % des cas, la décision n’est pas prise par la personne concernée, mais par ses proches. Souvent déchirés par un sentiment de culpabilité lié à l’échec du maintien à domicile, ils doivent se résoudre à considérer le placement en maison de retraite.

Notre enquête

Entre le 25 janvier et le 22 février 2014, les bénévoles de l’UFC-Que Choisir de Loire Atlantique (Nantes et St Nazaire) ont visité anonymement 26 maisons de retraite dans le département.
Les enquêteurs devaient prendre contact avec des EHPAD (Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes), dans l’optique de rechercher une place en maison de retraite pour un proche parent, dont le degré de dépendance n’était pas encore déterminé. L’objectif était de recueillir un maximum d’informations, de se faire communiquer une copie de la demande d’admission, du règlement intérieur, du contrat, des tarifs, d’obtenir une visite des locaux communs, et si possible d’une chambre.

La capacité d’accueil

Avec un pourcentage d’établissements complets de 76 % au jour de notre visite, trouver des places disponibles n’est pas chose aisée. Il faut s’armer de patience. Lorsque les établissements ont communiqué le délai d’attente, celui-ci était relativement long.
Il faut attendre en moyenne 13 mois pour obtenir une place. Moins de 3 mois à la maison de retraite Océane à Nantes, contre plus de 12 mois à l’EHPAD Résidence Les Bigourettes à Saint-Herblain. Il y a plus de chances de trouver des places dans les maisons de retraite privées, mais elles sont souvent payées au prix fort.

Les prix

Le prix mensuel moyen (calculé à partir du tarif d’hébergement quotidien, auquel s’ajoute le tarif dépendance) de 2.079 €, cache d’importantes disparités.
Les prix font le grand écart d’un établissement à l’autre. Les deux moins chers de notre enquête : la Résidence La Chalandière à la Chapelle des Marais (à 1.585 € mensuel), et la Résidence Mauperthuis à Rezé (à 1.691 € par mois), loin devant la maison de retraite Océane à Nantes (qui facture 3 195 € par mois). Mais en plus du tarif mensuel, il faut souvent ajouter des prestations supplémentaires, qui alourdissent le coût du séjour : location de téléviseur, entretien du linge personnel, sorties, frais de coiffeur… En principe, tous ces suppléments doivent être clairement affichés, mais certains établissements entretiennent le flou.

L’accueil

Pouvoir visiter au préalable un établissement dans lequel on envisage de placer un parent, c’est le minimum que l’on puisse exiger. Et pourtant, certains établissements ont refusé d’accueillir nos enquêteurs. Le motif le plus souvent invoqué : aucun rendez-vous accepté si le dossier d’admission n’est pas déposé, ainsi que le dossier médical du futur résident.

L’équipement

Dans la majorité des cas, nos enquêteurs ont visité des bâtiments en bon état. La plupart étaient dans un état de propreté satisfaisant, sans odeur gênante dans les locaux communs. La salle à manger est présente dans toutes les structures. Le salon fait parfois office de salle polyvalente : salle d’activités, salle télé, et bibliothèque. Nos enquêteurs ont trouvé les chambres plutôt agréables.
Le secteur privé l’emporte avec 90 % d’avis positifs.

Conclusion

Au-delà de la capacité d’accueil et du prix de l’hébergement, les équipements et les prestations changent d’une maison de retraite à l’autre, compliquant encore davantage l’exercice de comparaison.
L’UFC-Que Choisir de Nantes et Saint Nazaire, soucieuse de simplifier les démarches des familles de Loire Atlantique en quête d’une maison de retraite, les invite à consulter gratuitement, sur le site www.quechoisir.org, la carte interactive de l’offre dans le département.


Janvier 2015 par Mariannick PACREAU