UFC-Que Choisir de Nantes

Air intérieur, Autre sujet environnement

Le baromètre Santé Environnement 2014 de l’Observatoire régional de la santé

Dans le cadre des actions publiques de prévention en santé, chaque région doit mettre en place un Plan Régional Santé Environnement (PRSE) pluriannuel. Ce programme détermine les actions à conduire pour contribuer à un environnement favorable à la santé : air extérieur et intérieur, ressources en eau et qualité de l’eau distribuée, amiante, habitat, zones de cumul de nuisances environnementales, risques auditifs liés à la musique amplifiée…

En Pays de la Loire, les actions sont menées sous l’impulsion de l’ARS (Agence Régionale de Santé), de la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) et de la Région. Elles fédèrent de nombreux intervenants : collectivités, professionnels, structures de santé, associations.

Nos perceptions des risques sanitaires liés à l’environnement.

L’ORS (Observatoire Régional de la Santé en Pays de la Loire) a établi fin 2014 par enquête auprès de Ligériens, un « Baromètre Santé Environnement ». Cette étude décrit, depuis la précédente enquête menée en 2007, l’évolution de la perception des habitants sur les risques sanitaires liés aux facteurs environnementaux.

Voici une analyse de quelques grands thèmes de cette étude.

Air extérieur

Les représentations et perceptions de la pollution atmosphérique par les Ligériens sont plutôt défavorables : près de 90 % d’entre eux jugent toujours que cette pollution s’aggrave, 19 % estiment qu’elle présente un risque très élevé pour la santé et un tiers déclarent avoir déjà ressenti ses effets sur leur santé ou celle de leur entourage.

Pour une part accrue de la population, il est admis que la lutte contre la pollution de l’air extérieur relève de la responsabilité individuelle. Mais, paradoxalement, l’enquête souligne un scepticisme croissant concernant les mesures de lutte, lorsqu’elles sont susceptibles d’influencer les habitudes ou le budget des automobilistes : baisse de la vitesse, circulation alternée, péages urbains.

De même, par rapport à 2007, l’enquête ne note aucune progression de l’usage déclaré de modes de transport alternatifs à la voiture individuelle (58 % le font, 32 % sont près à le faire).

Air intérieur

La connaissance des polluants de l’air intérieur tend à progresser. Mais 15 % des ligériens ignorent encore que le monoxyde de carbone est inodore (20 % en 2007), et moins de la moitié considèrent que la pollution de l’air intérieur présente un risque élevé pour la santé, ce qui la placerait parmi les facteurs environnementaux jugés les moins à risque pour la santé.

Certaines pratiques persistent ou s’améliorent :

  • La proportion des fumeurs qui déclarent fumer à l’intérieur diminue (33 %, contre 44 % en 2007).
  • 73 % des ligériens déclarent aérer leur logement en ouvrant leurs fenêtres tous les jours, même en période d’hiver. Cette proportion est en baisse mais, contrairement à 2007, le fait d’être équipé d’une VMC (ventilation mécanique centralisée) n’influence plus négativement cette pratique.
  • En revanche, l’entretien des appareils est moins souvent confié à un professionnel qualifié : 59 % pour le chauffage et production d’eau chaude (65 % en 2007) et 30 % pour la VMC ( 36 % en 2007).

Un sujet méconnu des ligériens : le RADON

Alors que, selon l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire), 50 % des communes de la région présentent un « potentiel radon » moyen ou élevé, 58 % des ligériens déclarent toujours ne pas avoir entendu parler du radon. Et parmi les personnes qui se déclarent informées, seulement 54 % savent qu’il s’agit d’un gaz naturel provenant du sol.

Eau potable

Près de 80 % des Ligériens déclarent boire de l’eau du robinet, et sa consommation exclusive est en progression (38 %, contre 28 % en 2007). Des habitudes qui peuvent être rapprochées du niveau de leur satisfaction quant à la qualité de l’eau distribuée dans leur commune (82 %, contre 78 % en 2007).

Mais ils continuent à penser (à tort) que cette consommation peut présenter des risques pour les nourrissons (71 %) et les femmes enceintes (49 %). Les Ligériens formulent de fortes attentes en matière d’information sur la qualité de l’eau du robinet dans leur commune : seulement 64 % disent être « plutôt bien informés » en 2014, contre 75 % en 2007.

Téléphonie mobile

L’approche de cette problématique est complexe, en raison de la double dimension téléphone/antenne-relais

Des craintes qui persistent et s’accentuent :

  • Antennes : 18 % des Ligériens estiment qu’elles présentent un risque collectif « très élevé » (14 % en 2007).
  • Téléphones : 60 % pensent que son usage peut favoriser le développement d’une tumeur du cerveau (43 % en 2007).
  • Les Ligériens se disent mieux informés sur l’utilisation des portables et leurs effets sur la santé… mais seulement 11 % utilisent systématiquement un kit mains libres ou une oreillette !

Bruit

Les Ligériens déclarent que leurs expositions au bruit sont stables au domicile (9 % se disent gênés en permanence ou souvent), mais en augmentation en milieu professionnel (46 % des ligériens travaillent dans un environnement bruyant, contre40 % en 2007), et plus encore lors des loisirs (fréquence et durée d’écoute de musique en discothèque ou en concert).

Ainsi, 21 % ne s’éloignent jamais des enceintes en cas de niveau sonore élevé, et 85 % ne portent jamais de bouchons d’oreille. Une proportion de 65 % jugent que « chacun d’entre nous » est le mieux placé pour agir (48 % en 2007), mais 24 % des jeunes qui utilisent un casque ou des écouteurs déclarent le faire habituellement à forte ou très forte puissance.

Conclusion

La prévention des risques en santé et environnement nécessite, de la part de la population, une bonne connaissance de ces facteurs de risques. De ce « baromètre » de l’ORS, il ressort que globalement, chacun d’entre nous a bien conscience des enjeux environnementaux pour sa santé, mais une meilleure information est nécessaire pour nous convaincre de changer nos comportements. Il faut aussi être bien conscient de l’existence de nombreux freins économiques pour une réduction déterminante de ces risques. A titre d’exemples :

  • Les avantages fiscaux donnés à la motorisation diesel alors que celle-ci émet beaucoup plus de particules fines que la motorisation essence.
  • L’impuissance collective à faire évoluer notre agriculture pour diminuer les intrants, source de pollution de notre ressource en eau.
  • Les difficultés pour obtenir des industriels un étiquetage lisible de nos produits d’usage quotidien afin de mieux informer le consommateur de certains dangers.
  • Le recul du gouvernement pour rendre obligatoires des mesures de qualité d’air intérieur dans les établissements recevant des enfants, sous prétexte du coût élevé de ces mesures.

Télécharger le rapport publié en 2016


Août 2015 par l’UFC-Que Choisir de Nantes