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Prévention

AMIANTE : du danger aussi en cas de travaux de bricolage

L’amiante est une fibre minérale naturelle, aux propriétés physiques multiples (thermiques, phoniques, non inflammable…), de faible coût, ce qui a conduit à généraliser son emploi en l’incorporant dans la fabrication de produits industriels et de matériaux du bâtiment.

Interdit en France depuis 1997, il est présent sous une forme ou une autre dans la grande majorité des constructions antérieures à cette date : canalisations ou conduits de cheminée en fibrociment, couvertures des hangars ou abris en plaques ondulées, ardoises de couleur grise en toiture, bardages de façade, panneaux de protection contre l’humidité, dalles ou revêtements de sol en vinyle, isolants thermiques et phoniques des plafonds, mais aussi colles, enduits, joints, peintures, résines…

C’est l’inhalation de ces fibres, invisibles à l’œil nu, qui peut provoquer de graves maladies respiratoires et, souvent, un cancer du poumon (même après des expositions brèves). Bien sûr, la répétition de ces expositions accroît la probabilité de développer ces pathologies, qui apparaissent de 20 à 40 ans après la première exposition. Ce décalage explique les estimations élevées de cas potentiellement à venir, d’ici à 2025.

Rappelons qu’un fumeur exposé à l’inhalation de poussières d’amiante multiplie par 10 le risque de développer un cancer du poumon.

Souvent associé au monde professionnel, ce risque concerne aussi les particuliers qui se lancent dans des travaux de rénovation, dans un habitat de plus de 20 ans.

Sans paraître alarmiste, le risque est suffisamment avéré pour être pris très au sérieux, même au cours de simples travaux de bricolage.

Quels travaux sont concernés ?

Nous sommes tentés de répondre : presque tous, dès l’instant qu’on intervient sur une construction d’avant 1997.

En fait, chaque fois que l’intervention consiste en perçages (par exemple pour installer une prise électrique), ponçages et décapages d’enduits anciens, découpage de cloisons, décollage ou arrachage de dalles en vinyle (pourtant identifiées comme non friables) dans les cuisines ou salles de bains, on peut également en trouver dans les pièces de vie.

En cas de brossage (pour démousser) ou démontage de toitures en plaques ondulées, l’opération peut entraîner la libération de fibres invisibles, initialement liées, même si on prend des précautions pour ne pas briser les plaques.

Bien sûr, les interventions directes sur des matériaux réputés riches en fibres d’amiante volatiles, comme le sont les flocages ou les calorifugeages, sont vivement déconseillées et doivent être confiées à des professionnels habilités et certifiés.

Quelles précautions prendre ?

On l’a compris, l’intervention directe par des particuliers sur des matériaux amiantés doit être exceptionnelle.

Dans l’objectif de protéger et de mieux informer un futur propriétaire sur les éléments susceptibles de présenter un danger pour la santé, les logements achetés après le 1er septembre 2002 font l’objet d’un diagnostic amiante. Ce document sera utile pour vous apporter des informations, en cas de nouvelle acquisition.

Sinon, dans le doute, il conviendra d’abord de se protéger et de protéger les autres, en éloignant toute personne non concernée par les travaux.

On choisira des outils et des modes opératoires limitant la production de poussières. Comme les fibres d’amiante peuvent s’accrocher aux vêtements, on privilégiera les combinaisons et les gants jetables, qu’on retirera avec précaution, en évitant la dispersion des poussières. Sinon, tout vêtement utilisé sera lavé avant réemploi.

Bien sûr, on portera un masque respiratoire à usage unique de niveau de protection FFP3, protégeant de l’inhalation de fibres fines. Lors de son utilisation, on suivra la notice d’emploi, afin de se garantir d’une complète étanchéité au contact du visage.

Dans le cas où il faut scier, percer ou poncer, on choisira en priorité des machines à vitesse lente, qui produiront moins de poussières que celles à régime élevé.

Après le travail, on nettoiera le matériel et le local, seulement au moyen d’un chiffon humide. On n’utilisera pas un balai, pas plus que l’aspirateur domestique (dont le filtre ne saurait retenir les fibres et les expulserait dans toute la pièce).

Tous les déchets, y compris les équipements de protection et les chiffons, seront placés dans des sacs totalement étanches (le signalement « Amiante » devra être mentionné sur l’emballage) et éliminés conformément à la règlementation, dans les filières adaptées (vérifier au préalable si la déchèterie choisie peut recevoir de l’amiante).

Le travail terminé, on prendra une douche en portant un soin particulier aux cheveux.


Janvier 2016 par Jean-Pierre SARRAZIN

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