UFC-Que Choisir de Nantes

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Pour 2017, des idées de réformes qui feraient du bien aux consommateurs

Fracture sanitaire : les intérêts des médecins avant ceux des usagers ?

Il y a quelques mois, une proposition de parlementaires de toutes tendances a failli aboutir. Il s’agissait de limiter l’installation de nouveaux médecins dans les zones où l’offre médicale est excédentaire. Pour cela, l’Assurance maladie n’aurait conventionné un nouveau médecin dans ces territoires que lorsqu’un praticien installé serait parti en retraite.

La mesure avait été adoptée par la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Mais en séance plénière, à une heure tardive, de véritables hurlements se sont élevés de tous les bancs, reprenant les arguments éculés des syndicats de médecins. Beaucoup des députés protestataires étaient aussi médecins…

Le plus étonnant, c’est que la ministre de la Santé a été la plus farouche à empêcher ce changement. Elle ne tenait ainsi aucun compte des travaux conduits par l’Assurance maladie, qui constataient en 2016 l’échec absolu des mesures d’incitation pour réguler la libre installation des praticiens dans les territoires. La ministre de la Santé négligeait aussi les 21 millions de Français qui, selon les spécialités, ont un accès restreint à la médecine de ville. D’autant que, selon notre étude publiée en 2016 également, la situation s’est dégradée pour 40 % de la population dans son accès aux ophtalmologistes et aux pédiatres, et près de 60 % pour les gynécologues.

En 2017, il serait pourtant urgent de mettre fin au dogme de la liberté totale d’installation des médecins, sans conditions : pour pouvoir bénéficier du financement public de leurs honoraires, la liberté d’installation des médecins doit être limitée par le droit des usagers à se soigner.

L’étiquette énergie en électroménager : au secours !

L’étiquette énergie sur les façades de lave-linge ou réfrigérateurs est largement utilisée par les consommateurs, surtout les plus jeunes. Mais ce système est à bout de souffle, parce qu’il ne distingue plus grand-chose.

D’abord, la quasi totalité des appareils affichent A+++ et A++, parce que les progrès opérés ces dernières années font facilement atteindre cette norme : il faut faire évoluer la norme avec le progrès, pour stimuler l’effort et la concurrence.

Ensuite, les informations sur la consommation électrique sont incompréhensibles, et inutiles, alors qu’elles devraient tenir compte de l’usage de l’appareil. En effet, même plus cher à l’achat, un appareil plus économe en électricité est plus avantageux sur la durée : sur dix ans d’utilisation d’un lave-linge, le prix d’achat ne représente en effet que 30 % environ du coût global !

Le permis de conduire, plus facile et moins cher ?

L’enquête de terrain menée par 115 associations locales de l’UFC-Que Choisir nous a conduits à souligner les manquements à leurs obligations par les auto-écoles. Certaines (peu nombreux : 6 %) ne proposent pas l’heure d’évaluation obligatoire, mais elles sont plus de 20 % à ne pas afficher en façade le forfait le plus pratiqué. Pire : plus de la moitié des auto-écoles facturent l’accompagnement à l’examen théorique général (le « code ») à un prix plus élevé que celui d’une heure de conduite.

Notre étude montre aussi un lien étroit entre une situation locale de réelle concurrence et le prix du permis : les tarifs pratiqués sont plus bas quand la concurrence dans un département est forte. Or, il existe aujourd’hui trois freins à une concurrence plus étendue à l’avantage des consommateurs. Tout d’abord, le système de répartition entre auto-écoles des places pour l’examen pratique du permis complique l’entrée de nouveaux acteurs. Ensuite, le développement de l’activité sur Internet est bridé par une réglementation à contresens du commerce électronique. Enfin, alors qu’un nombre élevé d’heures de formation pratique accroît les chances d’obtention de l’examen et diminue les risques d’accidents pour les jeunes conducteurs, le recours aux heures supplémentaires (hors conduite accompagnée et supervisée) est freiné par leur prix élevé (près de 43 € pour l’heure supplémentaire, selon nos relevés).

L’absence de réglementation sur l’affichage des taux de réussite aux examens aboutit ainsi à d’inacceptables dérapages : près de 40 % des auto-écoles visitées ont annoncé à nos enquêteurs des chiffres surestimant de plus de 10 points la réalité !

Pour rappel, l’UFC-Que Choisir met à disposition gratuitement sur son site internet une carte interactive des taux de réussite aux examens théoriques et pratiques des candidats présentés par les auto-écoles, afin de faciliter aux consommateurs le choix d’une auto-école.

On peut donc encore rêver pour 2017 : bonne et heureuse année !


Février 2017
par Hervé LE BORGNE