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Nos enquêtes

AUTO-ÉCOLES : pratiques et tarifs


Les objectifs
Le permis de conduire a subi plusieurs réformes ces dernières années, jusqu’à celle de la loi Macron en août 2015 (fin des frais de transfert entre auto-écoles, plafonnement des coûts d’accompagnement à l’épreuve pratique). Nous avons voulu enquêter sur le respect des nouvelles règles et sur les pratiques d’un secteur en pleine mutation. Le but est d’apporter de la transparence aux 1,3 millions de candidats au permis chaque année.

Le protocole
L’enquête s’est déroulée du samedi 4 au samedi 18 juin 2016. Dans le scénario défini, l’enquêteur jouait le rôle d’une personne souhaitant offrir à un jeune adulte de son entourage des cours théoriques et pratiques en vue de l’obtention du permis B. Ce jeune n’avait jamais eu de cours de code, jamais pris de leçon de conduite, jamais effectué de conduite accompagnée et était susceptible de devoir quitter la région. Cette enquête comprenait une phase d’observation de l’affichage en vitrine, suivie d’un entretien avec le personnel de l’auto-école. Elle visait également à obtenir les fiches tarifaires, afin d’avoir une base documentaire solide.

Les résultats d’ensemble
Un cinquième des auto-écoles ne respecte pas l’obligation d’affichage du prix des forfaits.
D’un établissement à l’autre, les prestations incluses dans le forfait sont très variables. Celui-ci peut comprendre des prestations supplémentaires (conduite de nuit, comment réaliser un constat) ou omettre des coûts que le candidat devra supporter (frais de dossier, d’accompagnement à l’examen pratique).
Le prix moyen en France d’un forfait de 20 heures est de 1.155 € : entre 837 € dans le Nord et 1.518  € dans les Yvelines, il s’établit à 1.216 € dans la région nantaise.
Les auto-écoles sont très peu nombreuses à afficher leur taux de réussite (4 %) mais elles indiquent presque toutes ce taux lorsqu’on le leur demande.
Presque toutes (94 %) proposent une séance d’évaluation préalable. Rappelons que celle-ci constitue une obligation légale et, bien qu’incluse dans la plupart des forfaits, elle est destinée à ce que le candidat vérifie que la pédagogie de l’auto-école lui convient. Elle devrait, à ce titre, ne jamais faire partie du forfait mais considérée, facturée ou non, comme une prestation à part qui n’engage en aucun cas le candidat à effectuer son apprentissage dans cette auto-école. On la trouve à des prix allant de 17 à 90 € ; elle peut inclure de la conduite sur route ou être effectuée sur simulateur.
Le coût total du permis est estimé en moyenne à 1.462 € par les auto-écoles mais est probablement supérieur à 1.750 € dans la réalité.
Il y a un écart de 10 points entre les taux de réussite au permis annoncés par les auto-écoles pour 2015 et le taux officiel pour 2014. Même si les taux ont progressé en 2015, on peut s’interroger sur la véracité des taux annoncés par les professionnels, d’autant plus qu’ils sont déclarés oralement et très rarement affichés.
Le prix du forfait n’a pas d’incidence significative sur le taux de réussite officiel à la conduite.  Un forfait au prix élevé n’a que peu d’incidence sur la réussite à l’examen, surtout pour la conduite : le prix n’est donc pas une garantie d’efficacité.
Le nombre d’heures moyen annoncé par l’auto-école n’a quasiment aucune incidence sur le taux de réussite officiel à l’épreuve de conduite. Ainsi, les écoles qui annoncent des volumes de conduite élevés ne présentent pas un meilleur taux de réussite à l’examen.

Les irrégularités relevées par les enquêteurs
Une auto-école sur dix prélève des frais de transfert : rappelons que ces frais, depuis la loi Macron, sont illégaux.
Parmi les autres frais difficilement justifiables, on trouve :
  • Les frais de renouvellement de contrat, en particulier lorsque la durée du contrat est très courte (2 à 3 mois).
  • Les frais de dossier pour le permis à 1 €.
  • Les frais de transfert qui ne disent pas leur nom (frais de duplicata de dossier par exemple).
  • Les cours sur simulateur facturés au même prix qu’une heure de conduite : curieusement, les cours sur simulateur peuvent représenter 5 heures sur un forfait de 20 heures.

Des pratiques discutables dans beaucoup d’auto écoles
  •  Les cours en groupe : plusieurs élèves dans la même voiture.
  •  Toutes les écoles ne présentent pas de forfait.
  • La durée effective de conduite est variable.
  • La durée de validité des forfaits est parfois trop courte (deux mois cela peut être trop court pour quelqu’un qui n’est pas toujours disponible).
  • Le manque de clarté sur les modalités de changement d’auto-école et de restitution des sommes engagées.
  • L’heure d’évaluation la plupart du temps comprise dans le forfait.
  • La facturation des prestations inutiles, par exemple l’accompagnement au code alors que le candidat peut très bien s’y rendre par ses propres moyens.
  • La présentation au code facturée très cher, alors que depuis la loi Macron, les frais d’accompagnement à l’épreuve pratique sont plafonnés au coût d’une heure de conduite.

De bonnes pratiques chez certains professionnels
  • Le remboursement des prestations non-consommées si le candidat obtient son permis avant.
  • Le remboursement de l’heure d’évaluation si l’élève s’engage sur le forfait.
  • Les cours de simulateur illimités (bien que ne remplaçant pas la pratique sur route, il s’agit d’une innovation intéressante, à condition de ne pas être facturée trop cher).
  • L’évaluation de conduite gratuite après les 20 heures obligatoires.
  • Les leçons filmées avec rapport à la fin.
  • La location de voiture double commande directement par l’auto-école : solution moins coûteuse pour accumuler de l’expérience, mais qui nécessite un entretien préalable de 2 heures avec un proche, ayant 5 ans minimum d’expérience de la conduite et disponible pour faire conduire l’élève.

Avril 2017 d’Alain LEMERLE

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