UFC-Que Choisir de Nantes

Droits des usagers

Le rôle du Conseiller Médical en Environnement Intérieur

De plus en plus de personnes asthmatiques et allergiques
En 20 ans, le nombre de personnes atteintes d’allergies a doublé. 30 % de la population française née après 1980 souffre actuellement d’allergie. En 2050, 50 % de la population mondiale sera affectée par au moins une maladie allergique, selon l’OMS. Il a deux explications les plus plausibles : d’une part, l’évolution des modes de vie, notamment vers le modèle urbain ; d’autre part, le fait que nous passons plus de 80 % de notre temps à l’intérieur de bâtiments de plus en plus confinés, dans lesquels on utilise de plus en plus de produits chimiques. Les pollutions peuvent venir des mobiliers, des produits d’entretien mais aussi des moisissures dues à un manque de ventilation, de la présence d’animaux porteurs d’allergènes, des acariens…
Pour aider les personnes souffrant de pathologies respiratoires à identifier les sources de polluants et d’allergènes et à diminuer leur exposition, le conseiller médical en environnement intérieur (CMEI) peut intervenir au domicile.
Connaître et soigner son air intérieur pour éviter crises d’asthme et allergies
Lorsqu’un diagnostic d’asthme ou d’allergie a été établi, un médecin spécialiste peut prescrire l’intervention d’un conseiller médical en environnement intérieur.
Celui-ci réalisera un audit de l’environnement intérieur du patient, et évaluera la qualité de cet environnement. Il fera avec lui des constats, le conseillera, et lui permettra de mettre en place une prévention efficace passant par l’amélioration de la qualité de l’air du logement, en concertation avec le médecin traitant.
Le CMEI va mener une évaluation rigoureuse et exhaustive de vos habitudes de vie, et faire une visite de l’ensemble des pièces de votre domicile.
Il va notamment 
  • Recueillir des données sur l’habitat : le type de chauffage, la température, la qualité des ventilations, l’existence de ponts thermiques, la pièce où le linge est mis à sécher, les éventuelles eaux stagnantes (plantes, aquarium…).
  • Évaluer les sources d’allergènes biologiques : présence d’animaux et de plantes, d’acariens et de moisissures.
  • Faire des mesures et prélèvements ciblés sur les allergies du patient (moisissures, poussières, formaldéhyde, composés organiques volatils…).
  • Interroger le patient sur ses habitudes de vie (pratiques d’aération, d’entretien, d’évacuation des combustions de cuisson, de chauffage, utilisation d’encens, de tabac…).
Grâce à cette évaluation, le conseiller va pouvoir proposer des mesures d’éviction à mettre en place, pour diminuer l’exposition aux facteurs provoquant asthme et allergies. Le CMEI va ainsi proposer de réduire les polluants à la source : pas de tabac, y compris à la fenêtre, pas de produits inutiles, une vraie ventilation des pièces, un dépoussiérage des chambres, le lavage régulier du linge de lit… Le CMEI va aussi informer les personnes sur les organismes auxquels elles peuvent faire appel pour réaliser les travaux nécessaires, notamment en cas de logement humide, mal ventilé ou mal isolé (opérateurs dédiés à l’amélioration de l’habitat, associations d’information sur le logement, pôle départemental de l’habitat indigne…).
Une profession récente
Les CMEI sont formés par diplôme interuniversitaire de santé respiratoire et habitat, depuis 2005. www.cmei-france.fr
Les CMEI sont généralement présents dans différentes structures, notamment institutionnelles, tels les hôpitaux, les réseaux Asthme et allergies, etc. En Pays de la Loire, un CMEI est employé par le CHU de Nantes et un second par le CHU d’Angers. A eux deux, ils couvrent l’ensemble des départements de la région, grâce à un financement de l’Agence Régionale de Santé des Pays de la Loire.
Parlez-en à votre médecin
Jeune enfant, adulte, personnes âgées, nous pouvons tous avoir des problèmes respiratoires, des pathologies allergiques, et le CMEI peut nous aider à identifier ce qui, dans notre logement, favorise ces maladies.
Un bilan allergologique est un préalable nécessaire à l’intervention du CMEI, pour qu’il cible bien son intervention et ses analyses. Parlez-en à votre médecin, car tous ne connaissent pas encore la fonction de CMEI.
L’intervention du CMEI est prise en charge par l’ARS des Pays de la Loire et vous n’aurez pas d’avance de frais à faire.
Soyez vigilant : des symptômes persistants de rhinites, éternuements, toux ou respiration sifflante peuvent cacher un problème de fond plus important, n’hésitez pas à en parler à votre médecin.

Février 2018 par Hélèné DEVAUX et Domonique MOULIN