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Un siège vélo HAMAX dangereux pour les enfants transportés


ALERTE : un siège vélo HAMAX dangereux pour les enfants transportés
Une maman témoigne d’un grave défaut de sécurité sur un modèle de siège pour enfant fixé sur un vélo d’adulte. Son fils a échappé au pire, mais cela fait froid dans le dos. Ce qui inquiète au moins autant, c’est que des sièges de cette marque HAMAX étaient déjà jugés dangereux il y a près de 20 ans, et que le magasin DECATHLON ne veut pas les retirer de la vente…

Témoignage de Madame SF, à Vertou
« Ma mère m’a offert un siège pour enfant, de marque Hamax Smiley, en avril 2016, dans le magasin Décathlon de Vertou (44120). Régulièrement, j’ai fait entretenir mon vélo ainsi que la vérification du siège, fixé à l’arrière, dans l’atelier vélo de ce même magasin.
Le lundi 15 octobre 2018, j’ai parcouru le kilomètre qui sépare mon domicile de l’école maternelle à vélo avec mon fils de 3 ans (15 kg) installé dans son siège vélo Hamax. Sauf que ce matin-là, presque arrivés à destination, le siège vélo s’est décroché de sa base et j’ai retrouvé mon enfant, encore attaché dans son siège, sur le sol face au béton, le visage en sang. Dans notre malheur, nous avons quand même eu de la chance : j’allais à très petite allure puisque j’étais arrivée sur le parking, et les enfants et parents autour ont vite arrêté la circulation évitant un sur-accident qui aurait pu être bien plus grave.
Grâce au port de son casque et à ces éléments, mon fils s’en sort avec l’arcade ouverte et un léger traumatisme crânien. En revanche, parents et enfants présents mais surtout moi-même, mon fils et mes proches restons traumatisés par l’événement.
En effet, je suis restée toute la journée aux urgences à tenter de comprendre ce qui avait pu se passer, comment le siège avait pu se désolidariser de sa base et tomber avec mon enfant dedans. C’est en rentrant que mes voisins présents sur les lieux quand cela est arrivé, m’ont rapporté mon vélo et le siège enfant et que j’ai pu commencer à avoir des éléments de réponses : il semblerait qu’à force de vibrations la fixation du siège sur la base ait progressivement coulissé, ne laissant plus que 2 attaches sur 3 tenir le siège, et, ce matin là, la 2ème attache centrale a lâché, provoquant la chute de mon enfant sur le sol, encore bien attaché dans son siège. C’est à ce moment là que j’ai cherché plus d’informations sur Internet et que j’ai lu avec beaucoup d’attention votre article qui précisait « Les fixations des sièges se desserrent et se cassent lors de ces tests, ces défaillances de sécurité représentent donc un risque non négligeable pour l’enfant« .
En cherchant plus loin, j’ai également découvert que des faits similaires aux miens pour la même marque avaient fait l’objet d’un avis de la commission de sécurité des consommateurs, en 2001, à partir d’un accident identique avec un siège vélo de marque HAMAX, modèle KISS !
J’ai choisi de contacter le magasin Décathlon de Vertou pour avoir des réponses mais aussi signaler cet incident car le risque est réel. Mon fils a eu de la chance, mais si demain ce n’était pas le cas pour un autre enfant dont le parent roule sur une piste cyclable en ville à côté de voitures qui ne peuvent freiner à temps ? Je ne peux me résoudre à me dire que j’ai eu de la chance et passer à autre chose.
Malheureusement, Décathlon ne voit pas les choses comme moi. Après près de 2 semaines d’attente après avoir rapporté l’accident au directeur du magasin, il est revenu vers moi pour me confirmer qu’en effet, en Italie et en Espagne l’article n’est pas autorisé à la vente pour des questions de normes de sécurité, mais que ce n’est pas le cas en France, que le produit rentre dans les normes et donc la vente en France est tout à fait légale, que le chef de produit Décathlon a contacté Hamax et que rien ne sera fait car il faut au moins que 2 autres accidents leur soient rapportés. J’ai expliqué à quel point il était improbable de tenir de tels propos en particulier quand il s’agit de la sécurité d’enfants et on m’a répondu que dans ce cas je n’avais qu’à demander une expertise (Décathlon), que cela était long et contraignant puis j’ai reçu au total trois appels, pour me rappeler à chaque fois la complexité de la procédure.
Je me suis non seulement sentie trahie par Décathlon (une marque en laquelle j’avais confiance), mais surtout scandalisée qu’après de telles alertes, un produit comme celui-ci soit encore commercialisé.
Je ne suis pas démotivée pour faire cette procédure. Cependant, je suis consciente qu’une simple erreur de ma part peut se retourner contre moi. Que lorsque je pense à la sécurité des enfants, eux pensent à leur argent. Ils m’ont même dit que signaler un problème n’aboutirait à rien et que si je voulais qu’on m’écoute il fallait que je réclame clairement de l’argent. On m’a également pressée à initier cette procédure en envoyant rapidement un email. Je ne souhaite pas me précipiter, j’ai besoin de conseils car je veux m’assurer que ce produit sera retiré de la vente, que les consommateurs seront avertis du danger qui existe ».
Notre avis :
Déjà 20 ans
Dès 1999, le siège vélo pour enfants du modèle KISS de la marque HAMAX avait fait l’objet de plusieurs signalements d’accidents. Il avait été spontanément retiré de la vente par les principaux distributeurs (GO SPORT et DECATHLON), en 2000.
Mais selon une enquête de la Commission de sécurité des consommateurs, les normes de l’époque, applicables à ce type de produit, étaient inexistantes ou inadaptées.
Puis en septembre 2015, le mensuel QUE CHOISIR a publié un test des sièges vélo pour enfants, selon lequel, sur 24 modèles, trois sièges de la marque HAMAX (Caress, Smiley et Siesta) avaient été jugés défectueux, parce que les fixations se desserraient à l’usage, et se rompaient en « test dynamique ».
Interrogé sur ces graves défauts de sécurité, le fabricant HAMAX avait alors répondu que ses modèles « ne comportaient aucune défaillance à ce niveau », et que le problème était dans une différence d’interprétation de la norme. Une contre-expertise a été réalisée par le laboratoire, mais les résultats étaient les mêmes, avec des ruptures de fixations.
Un scandale
Il se peut que les distributeurs concernés soient pris entre deux contraintes : la responsabilité de maintenir en vente un produit signalé comme dangereux, et une possible condamnation sur plainte d’HAMAX pour rupture d’approvisionnement sans motif règlementaire avéré.
Dans les deux cas, pourtant, le risque financier existe, sous forme indemnitaire. L’indemnisation des victimes pourrait même être très supérieure à la sanction économique…
La norme ou la loi
En tout cas, quelle que soit la norme, la loi est très claire :
D’abord, le Code de la consommation (article L 421-3) décide que « les produits et les services doivent présenter, dans des conditions normales d’utilisation, la sécurité à laquelle on peut légitimement s’attendre et ne pas porter atteinte à la santé des personnes ».
Ensuite, le Code civil (articles 1245 et 1245-3) prévoit lui aussi que « le producteur est responsable du dommage causé par un défaut de son produit, qu’il soit ou non lié par un contrat avec la victime » et que « un produit est défectueux lorsqu’il n’offre pas la sécurité à laquelle on peut légitimement s’attendre ».
La procédure est très simple, rapide, et sans aucun risque pour le consommateur : il suffit de signaler l’accident à la Commission de sécurité des consommateurs (site du ministère de l’Économie). Ensuite, ce sont les autorités publiques qui vérifient, interpellent le fabricant, et prononcent au besoin le retrait du marché, et l’interdiction de vente en France. La victime d’un tel accident ne pourra en aucun cas être inquiétée pour avoir procédé au signalement, ni pour avoir publié son témoignage.
Pour conclure :
Au fond, si HAMAX faisait faillite après un tel scandale, ce serait assez mérité. Mais on attend surtout les explications de DECATHLON.

Octobre 2018 par l’UFC-Que Choisir de Nantes