UFC-Que Choisir de Nantes

On a gagné en justice : La commande d’une cuisine aménagée sans prise de mesures préalable sur place est nulle

Il devrait être impossible à un professionnel de vendre un projet de cuisine dans son magasin, et à plus forte raison dans une foire. Notre association défend depuis des années les clients trompés lors d’une transaction interminable pour leur faire miroiter des remises invraisemblables, alors qu’aucune prise de cotes au domicile n’a été réalisée. Cette fois, c’est le tribunal qui a confirmé cette analyse.
Notre adhérente MV. s’était laissée tenter sur le stand de la société HOME DESIGN, à la foire de Nantes. Elle avait signé pour un projet de salle d’eau dans son logement, pour 20 000 €, et versé ce même jour un acompte de 8 000 € (40 %). Mais le schéma avait été brossé sur le stand, en l’absence de tout mesurage dans l’appartement au préalable. Il en est d’ailleurs toujours ainsi avec une vente en foire, et aussi lorsque la transaction se déroule en magasin. C’est pourtant le professionnel qui est seul responsable de la prise de mesures sur place, et un plan grossier ou même d’architecte apporté par le client ne peut pas remplacer cette opération qui incombe à l’entreprise. En effet, tout projet d’installation de meubles adaptés aux dimensions d’un logement (le plus souvent une cuisine ou une salle d’eau) dépend, par construction, de la configuration du lieu. Dès lors, une offre détaillée établie par le vendeur en magasin ou en foire ne peut pas être parfaitement exacte. Autrement dit, le professionnel ne peut pas prétendre avoir respecté son obligation de conseil d’une part, et l’acheteur ne peut pas avoir valablement consenti à une telle offre approximative d’autre part. Ce raisonnement résulte d’une jurisprudence ancienne, rendue dans les affaires VOGICA, du nom d’une chaîne de meubles qui écumait les foires et salons. La cour d’appel de Grenoble avait jugé le 19 janvier 2009, que « En cas de vente et d’installation de meubles et d’appareils électroménagers, il est nécessaire de réaliser au préalable un plan technique de la pièce et le faire accepter et ratifier par les clients ». La Cour de cassation a confirmé cette position dans un arrêt du 1er mars 2011 (N°10-14096). Elle reprochait à la cour d’appel de Rennes de n’avoir pas prononcé « la nullité du contrat initial pour défaut d’accord sur la chose vendue, l’objet de la vente n’ayant pas été préalablement déterminé par un plan technique, approuvé par (le client) ». C’est l’argumentaire que nous soutenons depuis des années pour faire annuler ces ventes souvent précipitées, à l’usure, dans les foires ou même les magasins de cuisinistes. Nous avons donc proposé à Madame MV d’obtenir le remboursement de son acompte de 8 000 €. Après mise en demeure infructueuse, il a fallu engager un procès devant le tribunal de Nantes, alors que nous remportons souvent une solution à l’amiable dans ces affaires. Le juge a suivi exactement notre analyse. Il souligne d’abord que « les dispositions de l’article L 111-1 du Code de la consommation imposent au professionnel de fournir au consommateur les caractéristiques essentielles des biens ou services proposés ». Il constate ensuite que « Madame MV a signé un bon de commande pour une somme de 20 000 € et remis un chèque de 8 000 € (encaissé ensuite), sans visite préalable et donc sans que les dimensions et l’agencement de la pièce à aménager aient été mesurées par le vendeur ». Il en déduit ainsi que « les caractéristiques essentielles de la salle de bains ne pouvaient être détaillées précisément au contrat, de sorte que le consentement de Madame MV. a été vicié, ce qui implique l’annulation de la commande ». La société HOME DESIGN, absente à l’audience, est condamnée au paiement de la somme de 8 000 € en principal, et 500 € au titre des frais de recours (le maximum demandé).
Jugement du tribunal judiciaire de Nantes du 11 octobre 2024 (N° 24-1177)

October 2025 par l’UFC-Que Choisir de Nantes
31 octobre 2025

Cybermoi/s 2025 – Se protéger d’une fuite de données

En octobre, c’est le Cybermoi/s ! Chaque année, l’UFC-Que Choisir s’associe au dispositif national d’assistance aux victimes d’escroqueries numériques, Cybermalveillance.gouv.fr. L’objectif est de procurer aux consommateurs des outils de sécurisation de leurs données personnelles et les aider à lutter contre la menace numérique dans son ensemble. C’est l’occasion de faire le point sur le piratage des données personnelles en cas de fuite de données.
Nous en parlions déjà l’année dernière avec les fuites importantes chez des opérateurs de tiers payant pour mutuelles VIAMEDIS et ALMERYS, mais il ne s’agit pas de cas isolés. FREE, France Travail, même la CAF, ou plus récemment encore BOUYGUES TELECOM, ont connu le même sinistre.
Il s’agit de « violations de données personnelles », c’est-à-dire la fuite, le vol ou la perte de données personnelles, d’origine accidentelle ou malveillante. Ces informations se retrouvent alors sur internet et peuvent aussi être croisées avec d’autres données déjà présentes en ligne (en raison d’autres fuites).
Les organismes subissant une perte de données doivent avertir les personnes concernées au plus vite. Vous avez peut-être reçu cet été un mail de BOUYGUES TELECOM vous alertant d’une cyberattaque. Dans ce cas, l’entreprise doit indiquer quelles données ont été dérobées, quelles mesures sont prises pour y remédier et vous conseillent en général sur les bons réflexes à adopter.
Si le RIB ou l’IBAN a été dérobé, l’escroc pourrait s’en servir pour émettre des ordres de prélèvements ou souscrire un abonnement en communiquant ces coordonnées pour le prélèvement périodique.
Il convient de surveiller régulièrement ses comptes :
  • Si vous constatez un virement non autorisé, il suffit de le contester auprès de la banque, pour défaut d’autorisation de prélèvement. La banque ne pourra pas refuser de rembourser sans mandat signé par le titulaire du compte.
  • Si vous constatez un nouveau bénéficiaire de virement, il convient de le supprimer (directement en ligne ou en agence).
Mais l’escroc pourrait aussi utiliser vos données personnelles comme votre numéro de téléphone ou adresse mail : c’est plutôt l’hypothèse de l’hameçonnage, ou phishing. Il s’agira d’un mail ou SMS frauduleux vous incitant à mettre à jour vos coordonnées bancaires, payer une facture ou confirmer une nouvelle date de livraison d’un colis. Ces mails pirates sont maintenant très bien réalisés : en cas de doute, le mieux est de se connecter sur le site officiel de l’organisme pour vérifier l’information, mais jamais répondre directement au mail ou SMS.
Les fraudeurs recourent encore beaucoup à la technique de la fraude au faux conseiller bancaire : voyez notre article à ce sujet.
De manière générale, il vaut mieux rester vigilant et prêter attention à ses données personnelles en ligne, notamment en utilisant des mots de passe complexes et uniques. Vous pouvez utiliser notre outil Je ne suis pas une data pour reprendre le contrôle sur vos données personnelles.

October 2025 par l’UFC-Que Choisir de Nantes
28 octobre 2025

Pratique – Rappels utiles en matière de démarchage téléphonique et à domicile

Le démarchage reste un fléau que combat l’UFC-Que Choisir depuis des années, sans relâche. Les députés ont finalement décidé d’interdire bientôt le démarchage téléphonique dans son principe même. C’est l’occasion de faire le point, d’abord sur les pratiques des entreprises pour s’en protéger au mieux, ensuite sur les recours possibles, enfin sur la réglementation prévue l’année prochaine.
  • Les règles liées au démarchage téléphonique 
Près des trois quarts des Français (72 %) déclarent être démarchés chaque semaine sur leur mobile, selon un sondage réalisé par l’UFC-Que Choisir il y a un an. Beaucoup déclarent même être encore importunés par des numéros de téléphone en 06 ou 07, alors que les plateformes commerciales n’en ont plus le droit depuis déjà 2023.
Depuis bientôt trois ans, les démarcheurs doivent utiliser uniquement des séries de numéros à préfixes dédiés. Ces chiffres maudits sont ceux commençant par 09 48 ou 49, 01 62 ou 63 ; 02 70 ou 71, 03 77 ou 78, 04 24 ou 25, 05 68 ou 69.
De même, le démarchage téléphonique n’est autorisé que du lundi au vendredi (de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h). Il est interdit les jours fériés, ainsi que plus de quatre fois par mois par la même entreprise, et pendant 60 jours lorsque le consommateur refuse le démarchage lors de l’échange.
Même s’il est purement interdit pour le compte professionnel de formation (CPF) et en travaux de rénovation, le démarchage téléphonique persiste, notamment en matière d’assurances et complémentaires santé. Mais quel qu’en soit le domaine, l’appelant doit respecter les règles fixées par le Code de la consommation. Il doit d’abord indiquer clairement son identité et l’objet commercial de l’appel dès le début de l’échange, puis transmettre par écrit au destinataire la confirmation de l’offre qui a été faite. Celle-ci doit détailler ses caractéristiques, le prix ou encore les modalités de rétractation.
Le consommateur n’est engagé que lorsqu’il a « signé » le contrat, ce qui peut résulter d’une réponse par mail ou SMS. Après acceptation, il est encore possible de se rétracter dans les 14 jours, par simple mail ou courrier recommandé avec avis de réception (conserver la trace). Dans cette situation, le professionnel doit rembourser toute somme payée dans les 14 jours qui suivent, sous peine de pénalités de retard. Le plus sûr sera de révoquer aussi l’autorisation de prélèvement qui aurait pu être donnée à la banque, pour ce démarcheur : c’est gratuit, et cela empêche tout paiement à l’entreprise pour l’avenir.
Le meilleur des conseils reste de ne pas souscrire en démarchage téléphonique, ou alors après un examen attentif de l’offre de contrat, car on peut certainement trouver plus avantageux après une recherche rapide. Il est facile de consulter par exemple les comparateurs des forfaits internet et mobile sur QueChoisir.org, ou encore notre sélection des complémentaires santé (Conso’Nantes N° 112 d’avril 2025 ou sur notre site internet).
  • Démarchage en travaux de rénovation : vigilance accrue
Peu importe le sujet, l’achat en démarchage à domicile n’est jamais une bonne affaire : les professionnels sérieux et qui pratiquent des prix normaux ne payent pas des commerciaux pour trouver leurs clients. En matière de rénovation ou d’amélioration de l’habitat, la réglementation est bien spécifique : le démarchage téléphonique est interdit depuis septembre 2021.
Mais on constate aujourd’hui que certaines sociétés l’exercent encore en contournant la loi
  • Des commerciaux s’échangent des listes de « bons clients« , pour proposer de vérifier la conformité des travaux réalisés par une autre entreprise auparavant.
  • Des racoleurs en ligne annoncent à des internautes qui ont laissé leurs coordonnées sur un site d’apparence institutionnelle une étude de faisabilité pour des travaux subventionnés. Ce ne sont que des manœuvres pour se faire finalement inviter au domicile.
  • D’autres se font passer pour des sous-traitants des services de l’État ou d’organismes publics (comme l’ANAH par exemple).
  • Certains adoptent une dénomination suggérant un caractère officiel (tel que « Agence française pour la rénovation énergétique »), pour mettre en confiance.
Une fois sur place, le commercial est très habile, et son emprise inévitable. Il incite le client à signer un document présenté comme une simple étude, alors qu’il s’agit toujours d’un bon de commande ou d’un devis (donc un contrat). Parfois même, le vendeur affirme que d’importants travaux sont à réaliser dans l’urgence, après avoir constaté de prétendus capricornes ou mérules dans les combles. Certains commerciaux ont en stock des photos de poutres infectées pour inquiéter le propriétaire.
Il faut vraiment rester très prudent dans les recherches en ligne pour trouver des réponses ou des solutions d’économies d’énergie. Ce marché est un pactole pour des entreprises crapuleuses, qui captent ainsi un numéro de téléphone ou une adresse mail, afin de démarcher de futures victimes. Ces clients potentiels sont des cibles faciles, puisque leurs attentes en matière de travaux les rendent particulièrement vulnérables. Le mieux est de ne rien enregistrer en ligne à propos de rénovation énergétique : le sujet est trop inflammable pour risquer des sollicitations trompeuses.
En pratique, le mieux est de ne même pas prendre rendez-vous après un échange téléphonique : pour effectuer des travaux de rénovation dans son logement, il vaut mieux être à l’initiative de ces démarches. Pour cela, l’idéal est de se faire accompagner gratuitement et utilement par des conseillers France Rénov’. À Nantes : la Maison de l’habitant (12 rue du Président Herriot) ou directement sur https://france-renov.gouv.fr/ ou au 0 808 800 700 (service gratuit + coût d’un appel).
Les clients peuvent se prémunir contre le démarchage au domicile en apposant une affichette à l’entrée de leur logement. En effet, l’article L 221-10-1 du Code de la consommation précise déjà « Est interdite toute visite non sollicitée d’un professionnel au domicile d’un consommateur (…), lorsqu’il a manifesté de manière claire et non ambiguë ne pas vouloir faire l’objet d’une telle visite« . Il suffit de fabriquer soi-même ou reproduire l’affiche ci-après, UFC-Que Choisir de Nantes – Affiche démarchage, ou sur demande par mail. En cas de manquement, l’entreprise risque un an d’emprisonnement et 150 000 € d’amende.
Si toutefois un contrat a été signé, pas de panique : un délai de rétractation de 14 jours débute à partir du lendemain de la signature. S’il s’agit aussi d’une vente (fourniture et pose de panneaux photovoltaïques ou de pompe à chaleur par exemple), le consommateur peut même se rétracter 14 jours après la livraison. Mieux vaut donc refuser toute intervention, même plus de 14 jours après signature : le démarcheur ne pourra obtenir aucune somme à titre de pénalité.
Lorsque le contrat mentionne un financement par crédit, une offre de prêt doit être signée par l’emprunteur : le client a intérêt à avertir l’organisme qu’il ne donne finalement pas suite au projet.
L’annulation du contrat de démarchage à domicile, jusqu’en justice
  • L’annulation du contrat de démarchage est exigible dans bien des cas : quand le contrat n’informe pas correctement le consommateur du délai de livraison, des modalités de rétractation ou encore de sa possibilité de recourir à un médiateur. Les causes de nullité sont nombreuses, et nécessitent alors un examen attentif du contrat et de ses conditions générales de vente. Après consultation juridique, nous pouvons alors soutenir nos adhérents jusqu’à l’engagement d’une procédure judiciaire, quand l’opération est financée par un crédit (l’avocat n’est alors pas obligatoire).
Dans cette situation, la banque commet une faute pour n’avoir pas vérifié les bons de commande de ses partenaires. Le juge prononce l’annulation du contrat principal et la caducité du contrat de crédit. Si le démarcheur est en activité, il doit remettre en état le logement à ses frais et rembourser le prix, afin que le client reverse son montant à l’organisme de financement. Lorsque le démarcheur est insolvable, principalement après liquidation, le client est dispensé de remboursement du capital emprunté. La jurisprudence considère qu’il n’a pas à supporter les conséquences de la disparition du vendeur, financé par l’organisme de crédit.
  • Des évolutions attendues en 2026
La loi contre les fraudes aux aides publiques a été promulguée le 30 juin 2025, après validation par le Conseil constitutionnel. Ce texte interdit immédiatement le démarchage pour la rénovation énergétique et l’adaptation du logement au handicap ou à la vieillesse. L’interdiction portait sur les appels téléphoniques : elle est étendue désormais aux SMS, aux mails et aux réseaux sociaux. Mais ces modes de prospections restent autorisés si le destinataire est déjà client de l’entreprise. La sanction sera la nullité du contrat, mais également une amende administrative (375 000 €).
Le démarchage téléphonique sera enfin interdit par principe dans tous les secteurs à partir du 11 août 2026 : il faudra que le consommateur accepte au préalable d’être démarché. Selon le futur article L 223-1 du Code de la consommation : ʺon entend par consentement toute manifestation de volonté libre, spécifique, éclairée, univoque et révocable par laquelle une personne accepte, par un acte positif clair, que des données à caractère personnel la concernant soient utilisées à des fins de prospection commerciale par voie téléphoniqueʺ. D’autre part, il appartiendra au professionnel de faire la preuve qu’il a bien recueilli l’accord du client dans ces conditions. À ce jour, on attend encore évidemment le décret qui devra préciser les modalités d’application.
Pour signaler les pratiques commerciales des entreprises qui ne respectent pas la réglementation, le site internet de la répression des fraudes https://signal.conso.gouv.fr/ est particulièrement indiqué (ou le numéro de téléphone non surtaxé 0 809 540 550).
Notre association peut aussi répondre aux questions en cas de litige et défendre les consommateurs victimes, si c’est nécessaire. Les chroniques litiges de l’UFC-Que Choisir de Nantes témoignent régulièrement des annulations de contrats obtenus par nos adhérents, au besoin par un procès sans frais d’avocat. La jurisprudence a beaucoup évolué depuis une dizaine d’années, pour garantir une protection renforcée des consommateurs abusés par le démarchage financé à crédit pour des panneaux photovoltaïques et autres pompes à chaleur. Même en cas de faillite de l’entreprise, les clients obtiennent le plus souvent de conserver le matériel et la dispense de remboursement du crédit. Ce sont les banques, complices des méthodes commerciales de ces entreprises, qui sont ainsi sanctionnées pour leur négligence coupable.
 Article rédigé par Cécile PAPILLARD, juriste à l’UFC-Que Choisir de Nantes

October 2025 par l’UFC-Que Choisir de Nantes
25 octobre 2025

Voyages – Communiquer à l’étranger sans se ruiner

En séjour à l’étranger, les tarifs changent pour l’usage quotidien du smartphone, mais restent maîtrisés dans l’espace européen. Il est prudent de préparer le voyage en consultant les offres de l’opérateur.
Dans tout l’espace européen, les voyageurs en déplacement peuvent utiliser leur smartphone à peu près aux mêmes conditions que dans leur pays d’origine.
Les opérateurs ont l’obligation d’informer leurs clients des tarifs pratiqués dès qu’une frontière est franchie.
En ce qui concerne les données, le coût supplémentaire est plafonné à 60 €, et l’accès sera coupé au-delà, après un message d’avertissement.
Au-delà des territoires européens, il peut donc y avoir de mauvaises surprises, et il vaut mieux préparer son voyage, en vérifiant les tarifs de son opérateur dans le pays de séjour.

October 2025 par l’UFC-Que Choisir de Nantes
24 octobre 2025

Cybermoi/s 2025 – Attention à la fraude au faux conseiller

En octobre, c’est le Cybermoi/s ! Chaque année, l’UFC-Que Choisir s’associe au dispositif national d’assistance aux victimes d’escroqueries numériques, Cybermalveillance.gouv.fr. L’objectif est de procurer aux consommateurs des outils de sécurisation de leurs données personnelles et les aider à lutter contre la menace numérique dans son ensemble. C’est l’occasion de faire le point sur l’arnaque au faux conseiller bancaire.
La fraude au faux conseiller bancaire s’est largement répandue sur les quatre dernières années. Trois situations peuvent y conduire : voici nos conseils pour y résister.
L’appel direct d’un faux conseiller bancaire
Une personne vous contacte directement par téléphone en se faisant passer pour un conseiller ou un salarié de votre banque ou de son service antifraude. Le numéro de téléphone peut même être celui de votre banque. Pourtant, cette personne est un escroc. Elle prétend que vous êtes victime d’opérations frauduleuses et peut, notamment, vous demander :
  • de lui communiquer vos identifiants ou coordonnées bancaires et codes reçus par SMS pour qu’elle procède au soi-disant blocage de ces transactions ;
  • d’effectuer et de confirmer vous-même des actions (par exemple : ajout d’un bénéficiaire, validation d’une opération bancaire, etc.) directement sur votre espace personnel (avec l’application bancaire de votre téléphone ou votre espace en ligne).
Ce sont ces manoeuvres qui permettent à l’escroc d’effectuer des débits frauduleux.
Depuis le 1er octobre 2024, les opérateurs téléphoniques doivent néanmoins bloquer les appels dont le numéro affiché n’est pas authentifié : ces dispositions réglementaires visent à lutter contre le spoofing. Seuls les appels passés depuis ou à destination d’une ligne fixe sont concernés par cette évolution. Mais selon la Banque de France, la quasi-totalité des appels font apparaître un numéro de téléphone fixe, de sorte que ce mécanisme devrait être efficace : affaire à suivre !
Le phishing suivi de l’appel d’un faux conseiller bancaire
Le phishing (« hameçonnage ») consiste pour des personnes malveillantes à envoyer des courriels ou SMS frauduleux afin d’obtenir des données personnelles ou plus souvent des données bancaires. Vous recevez un SMS ou un courriel d’une administration (par exemple la Sécurité sociale) ou d’une société (par exemple la Poste). Il vous est demandé de saisir des données personnelles après avoir cliqué sur un lien.
Après avoir obtenu ces premières informations par phishing, l’escroc vous appelle en se faisant passer pour un conseiller ou un salarié de votre banque. Il prétend que vous êtes victime d’opérations frauduleuses, vous met en confiance en vous communiquant des informations précises vous concernant (les informations qu’il a obtenues grâce au courriel ou au SMS frauduleux).
Finalement, sous prétexte de bloquer les opérations irrégulières, il vous demande de lui transmettre les codes reçus par SMS ou de confirmer des actions directement sur votre application bancaire ou dans votre espace en ligne. Ce sont ces manoeuvres qui permettent à l’escroc d’effectuer des opérations frauduleuses.
L’appel d’un faux conseiller bancaire suivi de l’envoi d’un faux coursier
Désormais, l’arnaque au faux conseiller bancaire ne consiste plus seulement à faire des achats en ligne ou des virements bancaires dont vous n’êtes pas à l’origine. Les fraudeurs vont jusqu’à effectuer des retraits d’espèces après avoir pris possession de votre carte bancaire sous de fausses allégations.
Dans un premier temps, vous êtes contacté par une personne qui se fait passer pour un conseiller ou un salarié de votre banque, et prétend que vous subissez des opérations frauduleuses. Elle vous demande de lui communiquer vos identifiants client ou vos coordonnées bancaires (dans certains cas, elle a pu obtenir ces informations à la suite d’un phishing). Puis elle affirme, au vu de l’urgence ou de la gravité de la situation, qu’il est nécessaire de mettre en sécurité ou détruire votre carte bancaire et vous envoie un coursier à domicile afin de la récupérer.
Les escrocs procèdent ensuite à des retraits à un distributeur automatique de billets (DAB) ou à des paiements en ligne.
Comment vous en prémunir ?
Restez méfiant ! Votre banque ne vous demandera jamais de communiquer des informations confidentielles par téléphone ni de valider ou bloquer des opérations de paiement à distance. Dans les faits, si une banque veut bloquer une opération, elle n’a pas besoin de votre confirmation et peut le faire seule. De plus, votre banque ne vous enverra jamais de coursier, même en cas d’urgence, pour récupérer vos instruments de paiement.
Attention, les techniques de ces escrocs sont de plus en plus élaborées, telles que :
  • des courriels imitant ceux de votre banque ;
  • un lien vers une fausse interface ressemblant à votre compte en ligne ;
  • un numéro de téléphone affiché correspondant à celui de votre banque ;
  • l’emploi du vocabulaire du domaine bancaire ;
  • la détention d’informations personnelles vous concernant.
Dans tous les cas, nous vous invitons à raccrocher immédiatement et à ne transmettre aucune information ni cliquer sur un quelconque lien. Ne validez en aucun cas des opérations dont vous n’êtes pas à l’origine, même si votre interlocuteur prétexte qu’il s’agit de les annuler. Mieux vaut contacter votre conseiller bancaire par vos propres moyens, quitte à attendre l’ouverture de votre agence.
Si un coursier se présente malgré votre refus, ne lui ouvrez pas. Ne lui remettez pas votre carte bancaire, même découpée.
Quels recours ?
Il convient de commencer par sécuriser votre compte : modifiez le mot de passe de l’espace en ligne, désactiver les paiements à distance (si votre banque le permet), et faites opposition à votre carte bancaire.
Dès lors qu’une ou des opérations sont débitées, il convient de formuler une réclamation en remboursement, sans s’épancher sur les circonstances de la fraude. En effet, d’après le Code monétaire et financier, la banque doit faire la preuve que le client aurait véritablement consenti à ces débits, ou les aurait rendus possibles par négligence grave dans la conservation de ses données confidentielles. Mais cela ne suffit pas : la banque doit encore rapporter la preuve que l’opération litigieuse aurait bien fait l’objet de l’authentification, et n’aurait subi aucune déficience technique.
A ce titre, la Cour de cassation a décidé le 23 octobre 2024 que le client qui se fait piéger au téléphone par un faux conseiller bancaire ne peut se voir reprocher par sa banque d’avoir commis une négligence grave et doit donc être remboursé intégralement par la banque. Mais il faudra encore examiner les contestations au cas par cas, comme le font les tribunaux pour apprécier le comportement du client au cas particulier.
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October 2025 par l’UFC-Que Choisir de Nantes
21 octobre 2025

Témoignage : Réparation sans devis

De Bénédicte, à Rezé
J’ai récemment fait réparer mon véhicule dans un garage pour un changement de feu, mais j’ai été surprise par la facture finale, qui s’élève à 698 €.
Je n’ai pas reçu de devis en amont et pensais que le coût serait bien inférieur. De plus, je n’ai pas eu le choix entre des pièces neuves ou d’occasion, le garage a directement procédé au remplacement sans m’en informer.
Face à cette situation, je me demande quels sont mes recours et si vous pourriez m’accompagner dans cette démarche.
Notre réponse :
Le garagiste aurait dû vous faire signer un devis avant toute intervention, en effet. Le remboursement des sommes payées après réparation est exigible, sauf si ce professionnel pouvait rapporter la preuve que vous auriez accepté ces réparations pour ce montant au préalable.

October 2025 par l’UFC-Que Choisir de Nantes
16 octobre 2025

Automobile – Rappels inquiétants d’airbags TAKATA

Le scandale des airbags TAKATA a été enfin appréhendé par les pouvoirs publics, comme le réclamait l’UFC-Que Choisir. Mais les automobilistes concernés s’y perdent dans les annonces de réparations, pas très claires.
Les modalités de rappels pour réparations sur les véhicules équipés d’airbags dangereux ont été publiées par arrêtés ministériels des 29 juillet et 5 septembre 2025. Elles fixent les obligations d’information et de prise en charge des constructeurs.
Mais les situations sont multiples, car il existe plusieurs catégories de modèles, et le danger n’est pas le même selon le type d’une part, et l’année de montage d’autre part.
Selon l’évaluation des constructeurs et du ministère, certains airbags justifient la mise à l’arrêt immédiat de la voiture, d’autres peuvent attendre une réparation en 2026.
Ainsi, les annonces officielles comme les courriers individuels des marques ont de quoi inquiéter les clients. Pour les uns, la réparation est programmée rapidement, mais ils ne peuvent plus utiliser leur véhicule d’ici là. Pour les autres, ils ne seront rassurés qu’après remplacement dans plusieurs mois. Dans les deux cas, la gêne ou l’angoisse sont évidentes, et rien n’est prévu dans les annonces ou les arrêtés pour traiter ces malaises.
Les constructeurs sont plutôt débordés par l’ampleur du phénomène. Ils ne peuvent garantir un véhicule de remplacement pendant l’immobilisation de la voiture, et ont du mal à répondre aux demandes personnelles des propriétaires.

October 2025 par l’UFC-Que Choisir de Nantes
16 octobre 2025

Cybermoi/s 2025 – Sécuriser ses achats en ligne

En octobre, c’est le Cybermoi/s ! Chaque année, l’UFC-Que Choisir s’associe au dispositif national d’assistance aux victimes d’escroqueries numériques, Cybermalveillance.gouv.fr. L’objectif est de procurer aux consommateurs des outils de sécurisation de leurs données personnelles et les aider à lutter contre la menace numérique dans son ensemble. C’est l’occasion de vous donner nos conseils pour acheter en ligne sereinement.
Déjà l’année dernière, nous avons publié des conseils pour acheter en ligne sans se faire avoir, notamment comment vérifier l’identité du site marchand avant de passer commande. Consultez à nouveau notre article en cliquant ici !
Cette année, nous mettons l’accent sur les services « e-carte bleue », ou carte virtuelle, qui permettent de payer sur internet en toute sécurité : les coordonnées de la vraie carte bancaire ne sont jamais données sur le site en ligne. La carte bancaire virtuelle a les mêmes caractéristiques que votre CB habituelle (plafond de paiement, type de débit, assurance éventuelle), mais dispose d’un numéro et d’un cryptogramme temporaires.
La quasi-totalité des banques que nous avons examinées fin septembre 2025 propose ce service gratuitement*, sauf la BANQUE POPULAIRE GRAND OUEST (13,50 €/an) et la SOCIETE GENERALE (14 €/an).
Ce service est soit automatiquement lié à la carte bancaire, soit à activer en ligne. Puis la carte éphémère est générée simplement sur l’espace client en ligne ou l’application, pour un usage unique ou récurrent, au choix.
C’est donc une bonne solution pour sécuriser ses paiements en ligne !
*Au 24 septembre 2025, nous avons consulté les sites internet des banques suivantes, qui proposent toutes une carte virtuelle gratuitement : BOURSOBANK, BNP PARIBAS, CAISSE D’EPARGNE, CIC, CREDIT AGRICOLE, CREDIT COOPERATIF, CREDIT MUTUEL, FORTUNEO, HELLOBANK!, LA BANQUE POSTALE, LCL, MONABANQ.
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October 2025 par l’UFC-Que Choisir de Nantes
14 octobre 2025

Pratique – Rouler en scooter électrique

Pratique – Rouler en scooter électrique
Le scooter électrique est une bonne formule pour se déplacer, moins dangereux pour les jeunes que la moto. Le choix est assez large, car les constructeurs ont compris l’intérêt de cette solution. Le prix d’un modèle de puissance moyenne se situe entre 3 000 et 5 000 €.
Les scooters électriques n’existaient pratiquement pas il y a quelques années, alors qu’ils sont très nombreux aujourd’hui sur le marché.
Il existe évidemment toutes sortes de modèles, pas tous de fabrication française, et des prix variables. Mais il faut d’abord orienter son choix en fonction de la puissance du véhicule. La catégorie en 50 cm³ est idéale en courtes distances, tandis que celle des 125 cm³ équivaut à une petite moto.
Dans la première gamme, le scooter ne dépasse pas 45 km/h, pèse moins de 100 kg, et son autonomie est d’environ 50 km. Le PEUGEOT LUDIX, par exemple, est proposé à 3 500 € et son équivalent KYMCO à 4 000 €.
Avec les engins plus puissants, la vitesse maximum atteint plus de 100 km/h, le poids excède les 100 kg, et l’autonomie est d’à peu près 90 km réels. Le constructeur français MURTAS vend son MX2 autour de 6 000 €, et le spécialiste SEGWAY (première marque de ce marché) est à moins de 5 000 €.
De nombreux modèles ont été testés par QUE CHOISIR, et il faut absolument essayer plusieurs de ces véhicules, dont la conduite demande un peu d’apprentissage.

October 2025 par l’UFC-Que Choisir de Nantes
10 octobre 2025

Immobilier – Frais de location inchangés

Les honoraires d’agence à la charge des locataires ne seront pas augmentés. Les plafonds par mètre carré fixés par la loi ALUR en 2014 limitaient les abus et les frais excessifs. Ils concernent les prestations de visites, rédaction de bail et état des lieux d’entrée.
Les limites imposées aux frais d’agence pour les locataires qui recherchent et prennent un nouveau logement n’ont pas été revalorisées chaque année comme les loyers.
Ces plafonds sont pourtant révisables, selon la loi ALUR de 2014, mais le gouvernement n’y est pas obligé.
La rémunération de l’agent immobilier est partagée entre le propriétaire et le locataire.
Elle est chiffrée au mètre carré, entre 8 et 12 € (selon le marché locatif) pour la mise en location et 3 € pour l’état des lieux.
L’agence peut facturer au propriétaire d’autres frais, qui ne sont pas réglementés. Il s’agit des prix de publication et recherche, ainsi que de gestion locative pendant la durée du bail. Ces charges ne peuvent en aucun cas être imputées au locataire, pas plus que les honoraires de l’état des lieux de sortie.

October 2025 par l’UFC-Que Choisir de Nantes
10 octobre 2025