UFC-Que Choisir de Nantes

Autre sujet environnement, Environnement

Les enquêtes en jardineries

L’UFC Que Choisir Nantes s’est engagée en 2018 dans deux conventions avec des organismes environnementaux pour le programme intitulé « Jardiner au naturel, ça coule de source ».
Ce programme vise à sensibiliser le jardinier amateur et l’encourager à changer ses pratiques d’utilisation de produits dangereux, à la fois pour sa santé et l’environnement.
Nous participons à cette démarche en réalisant plus particulièrement des enquêtes en client mystère, dans des magasins qui se sont engagés à promouvoir des solutions sans pesticides au jardin, par le développement de leur offre de produits naturels.
La première convention ou « charte », pilotée par l’EDENN (Entente pour le Développement de l’Erdre Navigable Naturelle), regroupe 8 enseignes
  • CASTORAMA à Nantes et Orvault.
  • TRUFFAUT à Carquefou et Orvault. 
  • BRICOMARCHÉ à La Chapelle-sur-Erdre.
  • SKL France RURALE à Ligné.
  • PEPINIERE du Val d’Erdre à St Mars-du-Désert.
  • VIVE LE JARDIN à Carquefou.
  • TERRENA à Candé, Ligné, Le Louroux-Béconnais , St-Mars-la-Jaille et Carquefou.
  • GAMM VERT à Nort-sur-Erdre et Treillières .
La deuxième, mise en place par le Syndicat Mixte Établissement Public territorial de la Sèvre Nantaise, regroupe 6 enseignes 
  • TERRENA à Gesté et Beaupréau-en-Mauges.
  • GAMMVERT à Vallet et Clisson.
  • BRICOMARCHE à Vallet.
  • ESPACE ÉMERAUDE à Clisson.
  • JARDIN DECOR à Gétigné.
  • JEAN JACQUES MACÉ à La Régrippière.
Les dernières enquêtes en client mystère se sont déroulées au printemps dernier. Elles portaient sur 2 points essentiels : le respect de la réglementation et la pertinence du conseil apporté aux clients.
La synthèse présentée ci-dessous concerne la charte pilotée par l’EDENN.
Le respect de la réglementation 
L’affichage de l’arrêté préfectoral (dit « arrêté fossés », précisant les distances minimales à respecter pour l’utilisation des pesticides au voisinage d’un point d’eau) est obligatoire au rayon des produits phytosanitaires : 67 % des magasins signataires de la charte affichent cet arrêté préfectoral.
Ce chiffre est en baisse par rapport aux enquêtes précédentes.
Depuis le 1er janvier 2017, la vente en libre-service des pesticides est interdite ; la présence d’un vendeur certifié est obligatoire pour leur délivrance éventuelle : 100 % des magasins respectent cette interdiction. La technique la plus utilisée est la mise sous vitrine fermée à clé, avec nécessité d’appeler un vendeur pour avoir accès à ces produits.
Le conseil apporté aux clients 
Dans le protocole d’enquête, la question posée par le client est : « Comment éliminer des mauvaises herbes le long d’un mur et du trottoir (caniveau à proximité) ? ».
100 % des vendeurs ont présenté une solution alternative aux pesticides : soit un outil manuel, soit un désherbeur thermique, soit un produit « bio » (à base d’acide acétique ou pélargonique, même si l’impact environnemental de ce procédé reste controversé).
Nous avons ainsi observé des progrès en matière de conseil, par rapport aux années précédentes.
Changement de réglementation pour les particuliers
Il est important de rappeler qu’à partir du 1er janvier 2019, la vente des pesticides sera complètement interdite pour les particuliers.
L’utilisation des pesticides restera autorisée presque exclusivement à l’usage agricole (actuellement 95 % du volume d’utilisation de ces produits). Dans ce domaine, les choses avancent très lentement. Pourtant, selon le dernier rapport  publié conjointement en décembre 2017 par le Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable et le Conseil Général de l’Alimentation
« L’utilisation des produits phytopharmaceutiques constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique tant pour les applicateurs et leurs familles que pour les riverains et la population en général, à travers les modes de contamination par l’air, l’eau, le sol et l’alimentation. Les différentes études publiées, et notamment l’expertise collective de l’INSERM de 2013, mettent en évidence des augmentations de risque significatives pour plusieurs pathologies en lien avec l’exposition des travailleurs et de leurs familles (cancer de la prostate, maladie de Parkinson, lymphome non hodgkinien, myélome multiple, atteinte du système nerveux central), ainsi que pour le développement du fœtus et la petite enfance lors d’expositions au cours de la période prénatale et périnatale ».
Des décisions fermes ont été prises pour l’utilisation des pesticides par les collectivités locales et les particuliers : reste donc à agir rapidement pour leur suppression, au moins progressive, en milieu agricole.

Avril 2018 par Nello DE COLL