UFC-Que Choisir de Nantes

Actualité

LINKY : un combat épuisant

Le compteur « intelligent » LINKY est un calvaire pour l’UFC -Que Choisir, à plusieurs titres
  • D’abord, notre association a toujours soutenu que ce nouveau compteur ne présentait aucun avantage réel pour les consommateurs, mais essentiellement pour le distributeur (qui réduit les frais de relevé manuel des consommations), et l’environnement (la meilleure prévision des pics de charge permet de diminuer le gaspillage d’électricité, et autorise l’intégration de productions alternatives, comme les énergies renouvelables privées).
  • Ensuite, nous avons dû batailler pour éviter la facturation à l’usager de l’installation du compteur, puis pour obtenir un affichage de la consommation instantanée en euros sur le compteur. Mais le coût d’amortissement du LINKY risque de revenir par la fenêtre (avec une probable augmentation de la taxe réseau), et l’afficheur intelligent a été réservé aux ménages de condition modeste (comme l’on dit peu joliment).
  • Enfin, l’UFC-Que Choisir est victime depuis plusieurs mois de l’acharnement des « anti-LINKY », une escouade assez hétéroclite de professionnels, agitateurs, ou influenceurs d’opinion, très actifs sur les réseaux.
L’UFC-Que Choisir accusé
L’UFC-Que Choisir n’a jamais été favorable au compteur LINKY. Ce n’était pas une raison suffisante pour dire ou écrire n’importe quoi.
En ce qui concerne LINKY, nous avons publié très tôt des informations pratiques (vrai-faux), pour permettre à tous de distinguer entre les vrais problèmes (le coût, l’utilité, les modalités d’installation) et les questions déjà tranchées par la loi (accepter ou refuser), la recherche scientifique (les émanations), ou les autorités publiques (données personnelles).
Mais il existe plusieurs personnes privées, professionnels ou groupements, hostiles au compteur LINKY pour des raisons plus ou moins légitimes, qui alimentent depuis des mois des campagnes d’opinion pour empêcher le déploiement, encourager au refus, ou dénoncer des risques de plus en plus fantaisistes. Dans cette agitation, notre association a été sévèrement critiquée, parce qu’elle ne serait pas assez combative.
En fait, on voudrait que l’UFC-Que Choisir accompagne, amplifie ou valide toutes les critiques publiées par les adversaires du LINKY, quels qu’ils soient.
Pourtant, les adversaires de LINKY semblent de plus en plus suspects de conflit d’intérêt (le site POAL vend un « filtre » aux plus inquiets), ou profondément désunis (les attaques de Stéphane LHOMME contre Corinne LEPAGE et le site POAL).
L’UFC-Que Choisir est un organisme efficace et responsable
Nous ne prenons position qu’après une étude rigoureuse d’un sujet, avant de lancer une campagne d’opinion pour faire évoluer les pratiques professionnelles, les choix des consommateurs, la jurisprudence ou la législation.
Selon ces principes, nous sommes obligés d’affirmer que
  • L’usager ne peut pas refuser l’installation du compteur LINKY par ÉNÉDIS (c’est prévu par la loi, par le contrat de distribution d’électricité, et cet appareil n’appartient pas au client).
  • Le cas d’incendie est rare mais réel, avec 8 cas recensés pour 300.000 compteurs installés pendant l’expérimentation. C’est trop, mais le compteur lui-même n’a jamais été en cause (erreur d’installation, défaut de serrage qui provoque un court-circuit).
  • Le compteur LINKY transmet quotidiennement des informations au distributeur ÉNÉDIS, via les câbles électriques du réseau public. Il s’arrête au compteur, et ne peut donc atteindre les appareils ménagers eux-mêmes. Il ne communique que quelques secondes avec le concentrateur, le plus souvent la nuit. 
  • L’exposition domestique aux ondes vient avant tout des téléphones portables, et des boîtiers internet (wifi), bien avant le compteur LINKY, qui reste extrêmement mineure dans l’environnement familial que nous acceptons, avec nos télécommandes de téléviseur, de garage, et autres antennes râteaux ou paraboles.
  • Les seules données « personnelles » collectées par LINKY sont le volume d’électricité délivré au ménage (pour la facturation), la courbe de charge (évolution périodique de la consommation), et la sécurité du dispositif (coupures, ouverture du capot).
  • La Commission nationale Informatique et Libertés (CNIL) a encadré rigoureusement les pratiques autorisées pour ÉNÉDIS à partir des compteurs : l’intervalle de temps pour la courbe de charge est supérieur à 10 mn (en dessous, il est possible de déterminer les usages des appareils domestiques par les occupants).
Espérons que les Français sauront faire la part des choses, et garderont leur confiance à l’association de défense des consommateurs la plus ancienne en Europe (bientôt 70 ans).

Juillet 2018 d’Hervé LE BORGNE