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Pas d’internet pour tous, et plus cher pour les autres !

L’accès à internet va évoluer, avec la disparition progressive du téléphone fixe. Internet ne serait plus proposé que sur appareils mobiles et en fibre, au moins dans les villes. Cette migration va sans doute aggraver la « fracture numérique » (les villes sont mieux desservies). Mais elle devrait aussi augmenter le prix des télécommunications.
Le téléphone fixe, c’est bientôt fini
Notre ligne de téléphone fixe repose sur une liaison en fils de cuivre, qui aboutit dans les logements équipés. Il s’agit du réseau de téléphone public, géré en monopole par FRANCE TELECOM, devenu ORANGE. L’histoire d’internet s’est développée à partir de cette liaison.
Mais aujourd’hui, il existe au moins deux autres solutions : les appareils mobiles (téléphone ou tablette), et le câble ou la fibre. Le câble (« coaxial ») est déjà dépassé : seule la fibre optique a de l’avenir.
ORANGE a le monopole d’exploitation du réseau public en cuivre, et fait payer son accès aux autres opérateurs (FREE, SFR, BOUYGUES TELECOM) : c’est le prix du « dégroupage » (changement de « porteuse » parmi les paires de lignes disponibles).
Aujourd’hui, la paire porteuse de la voix sur le téléphone fixe classique n’est presque plus utilisée : la voix et l’internet, comme la télévision en ligne, passent par une autre paire, avec le protocole dit ADSL. Cette situation condamne le réseau cuivre, à terme : la fibre optique est beaucoup plus rapide, et fournit davantage de services (télécommande des appareils domestiques).
Le haut débit des villes et le bas débit des champs
On parle d’une fracture numérique, parce que pour 10 % des foyers français, l’internet par le téléphone fixe n’existe pas (aucun accès) ou ne fonctionne pas bien (débits inférieurs à 3 millions de « bits » par seconde).
Près de la moitié de ces citoyens vivent dans des communes de moins de 5.000 habitants. Ainsi, on a beaucoup moins de chances d’avoir accès à internet dans de bonnes conditions quand on vit à la campagne, ou un peu loin des grandes agglomérations.
Avec moins de la moitié de la population éligible aux offres internet à très haut débit, la situation de la France en Europe n’est pas glorieuse. Les Allemands (86 %), les Britanniques (95 %), mais aussi les Espagnols (88 %) sont beaucoup plus nombreux que les Français à être desservis en internet ultra rapide.
Même en LOIRE-ATLANTIQUE, moins de la moitié de la population peut bénéficier actuellement d’offres internet en très haut débit (cuivre « accéléré », câble ou fibre).
Le « fibrage » coûte cher, et n’est rentable qu’en ville
La migration vers l’internet à très haut débit nécessite donc, un nouveau câblage des logements, avec installation de la fibre optique, d’abord dans les voies de circulation, puis jusqu’aux logements. Ce déploiement est coûteux, parce qu’il faudra « refaire » l’équivalent du réseau public en cuivre. En outre, les lignes sont enfouies et non plus aériennes. Ce sont des investissements lourds, qui sont rentables pour les opérateurs privés seulement en zones urbaines très denses. Ailleurs, ces travaux seront plutôt à la charge des finances publiques (l’État et les collectivités locales).
Les prix de la fibre seront plus élevés
Les abonnements à l’internet à partir du téléphone fixe ne sont pas très chers en France. Il y a deux explications à cette situation. La première est la concurrence, surtout depuis l’arrivée du quatrième opérateur FREE. La seconde tient au fait que l’accès au téléphone fixe est peu coûteux pour les opérateurs : les prix sont réglementés, car c’est un réseau financé essentiellement par les pouvoirs publics, au siècle dernier.
Mais l’accès à la fibre n’est pas réglementé. Le seul principe fixé par la loi est l’obligation de permettre l’accès à tout opérateur par celui qui a réalisé le câblage. Cette règle s’applique par exemple en immeubles collectifs. En revanche, les tarifs d’accès sont libres, dans les limites des règles de concurrence.
On peut donc prévoir une augmentation des prix de l’internet : des opérateurs comme ORANGE ont déjà supprimé leurs offres en téléphonie fixe dans les zones « fibrées ». La liberté des prix en fibre, et une concurrence moins encadrée que sur le réseau public, vont faire monter les prix.
C’est pourquoi l’UFC-Que Choisir se mobilise, et invite les pouvoirs publics à prendre leurs responsabilités, aussi bien dans le financement du nouveau réseau internet que pour l’encadrement de ses prix.

Novembre 2018 Hervé LE BORGNE

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