UFC-Que Choisir de Nantes

Nos enquêtes

Les marchés

Le contexte 
Les grandes surfaces alimentaires restent le lieu privilégié d’achat des consommateurs français. Mais ils sont de plus en plus nombreux à diversifier leurs sources d’achats alimentaires, au moins en partie.
Après nos différentes enquêtes comparatives sur les prix de la grande distribution, puis sur les produits biologiques, et enfin sur les circuits courts et sur les magasins de producteurs, les équipes de l’UFC-Que Choisir ont mené une enquête sur les marchés, lieux traditionnels de commerce, avant l’arrivée des grandes surfaces.
Le protocole d’enquête
Du samedi 24 mars au samedi 7 avril 2018, nos enquêteurs bénévoles de l’association nantaise de l’UFC-Que Choisir ont procédé anonymement à des visites d’observation, des recueils d’informations et des relevés de prix dans une quinzaine de marchés, à Nantes et dans le département de Loire Atlantique.
Ces enquêteurs devaient décrire chaque marché enquêté, différencier les maraîchers et les primeurs, relever les prix d’un panier de 58 produits, sachant que les 29 denrées du panier-type étaient à noter sur 2 étals distincts. Ce panier se composait de fruits, de légumes, de viandes, de fromages et de poissons.
Les enquêteurs devaient enfin distinguer les étals de maraîchers (qui proposent leur production) et les commerçants de primeurs (qui achètent aux grossistes pour revendre au détail).
État des lieux des marchés
Les marchés enquêtés en Loire-Atlantique ont le même profil que ceux de la moyenne nationale française : 60 % de nos marchés rassemblent moins de 50 commerçants.
Le samedi est le jour privilégié pour ce commerce, puisque la moitié des marchés enquêtés sont ouverts ce jour-là. A contrario, le lundi est un jour pratiquement sans marché. Les 3/4 d’entre eux ne sont ouverts qu’un seul jour par semaine, et 1/3 sont équipés d’une halle couverte.
Enfin, dernière observation de nos enquêteurs : les vendeurs de fruits et légumes sont très majoritairement des commerçants, pas des producteurs. Lorsqu’on trouve des maraîchers, ils sont peu nombreux à proposer leur seule production à la vente : ils complètent systématiquement leur étal avec des produits provenant de grossistes. Cette observation apporte une certaine confusion entre les statuts de primeurs et de maraîchers.
Il est parfois impossible de distinguer commerçants revendeurs et maraîchers producteurs. A titre d’exemple, un vendeur avait installé des pancartes portant la mention « producteur », alors que ses étals étaient garnis à 90 % de produits de grossistes, dont la moitié en provenance d’Espagne ou de Belgique
Les résultats de l’enquête prix 
Le prix moyen des 58 produits frais constituant le panier-type des marchés enquêtés est 357 €.
A Nantes, le coût du panier des marchés de la Petite Hollande et de la place Zola se situe sous cette moyenne. C’est le cas aussi pour les marchés d’Ancenis, Clisson, La Chapelle/Erdre, La Montagne, Nort/Erdre et Rezé.
Les prix relevés sur les marchés nantais de Talensac et de Doulon sont supérieurs à cette moyenne. Il en est de même pour ceux de Carquefou, Basse-Indre, Sainte-Pazanne, Saint-Philbert de Grand Lieu, Vertou.
Notons que ce prix moyen de 357 € pour ce panier-type est plus élevé que celui de la moyenne nationale (342 €), établi à partir des relevés de 113 associations locales de l’UFC-Que Choisir, sur 645 marchés en France.
Le tableau ci-après donne une appréciation des prix, selon les étals et les marchés de Nantes et environs.
Dans notre département, le prix des poissons est jugé « très bon marché » : nul doute qu’il s’agit d’une particularité géographique, facile à expliquer par la proximité du littoral et les traditions alimentaires de la population.
Quelques facteurs peuvent influencer les prix : les marchés de grande taille ont souvent des prix plus compétitifs, mais la présence d’une halle couverte détermine des prix plus élevés. La plupart des maraîchers pratiquent des prix plus bas que les primeurs, mais ils sont rares à ne pas être également des « vendeurs en primeurs ».
Comparaison avec les grandes surfaces alimentaires 
En complément de notre enquête locale sur les marchés, une comparaison a été établie pour ce même panier-type de produits frais, avec les grandes surfaces alimentaires. Le panier du marché coûte environ 17 % plus cher que dans la grande ou moyenne distribution. Toutefois, cet écart de prix varie selon les catégories de produits. Les prix du poisson et de la viande au marché ne s’écartent que de 5 à 10 %. Les fromages affichent 35 % de plus sur les marchés traditionnels, tandis que les fruits et légumes y sont vendus entre 15 et 20 % plus cher.
Conclusion
Notre enquête confirme donc que pour un même achat alimentaire, la note sera plus élevée la plupart du temps en marchés traditionnels. Mais bien sûr, il faut souligner les atouts appréciables que constitue ce type de commerce pour les consommateurs : relations conviviales, conseils personnalisés, fraîcheur et qualité. Au fond, les amateurs des marchés savent qu’ils payent globalement plus cher qu’en grande surface, mais ils apprécient d’autres aspects que ceux des magasins, même de proximité.

Janvier 2019 Martine GAUTIER  et Alain LEMERLE

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