UFC-Que Choisir de Nantes

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Santé : consultations et soins retardés par le coronavirus, ne pas lâcher

Les bénévoles de l’UFC-Que Choisir représentent les usagers dans de nombreux établissements de santé en LOIRE-ATLANTIQUE. Ils appellent les patients et leurs proches à rester vigilants pour la continuité des soins en cette période troublée. La situation de certains patients peut se révéler critique, à terme.
 Le ministre de la Santé a engagé le « plan blanc général », depuis le 13 mars 2020, pour concentrer les moyens hospitaliers sur le traitement de l’épidémie. Dès lors, beaucoup d’opérations et consultations médicales, considérées comme non urgentes ni prioritaires, ont été annulées ou retardées. Ces « déprogrammations » sont justifiées, bien entendu, dans cette période de forte tension sur les professionnels de santé.
Mais des patients et leurs proches s’interrogent ou s’inquiètent. Après un mois, ils considèrent que leur situation devrait être évaluée à nouveau.
Les représentants des usagers issus des associations agréées du CHU de NANTES, comme l’UFC-Que Choisir, ont interrogé le directeur de l’Agence Régionale de Santé, le 10 avril dernier. Voici des extraits de cette sollicitation.
« Aujourd’hui nous constatons que notre région reste une des moins touchée par l’épidémie et que les reprogrammations de soins semi-urgents deviennent urgents. Ainsi :
Les personnes en insuffisance rénale en phase de pré suppléance, où un abord vasculaire adapté (fistule) doit être créé, afin de permettre l’hémodialyse (il faut attendre 6 à 8 semaines pour qu’elle soit fonctionnelle).
Les sondes urétrales à retirer, où l’on risque des pyélonéphrites si l’attente est trop longue.
Remettre à plus tard ces interventions expose le patient à une perte de chance et à un réel traumatisme, quand on considère la lourdeur des premières séances de dialyses.
Dans nos contacts avec le CHU, un plan de coopération nous est annoncé depuis plus d’une semaine entre établissements de l’agglomération pour répondre à ce type de situation, mais à ce jour nous ne voyons pas d’évolution sur les décisions de reprogrammation.
Nous nous interrogeons également si un certain nombre d’actes, imagerie par exemple, ne pourraient pas être reprogrammé s, en prenant toutes les précautions nécessaires pour les patients et les professionnels de santé. En effet les résultats d’imagerie sont souvent nécessaires pour les diagnostics faits en visite des médecins : lorsque vous donnerez le feu vert à la reprise de tels actes, nous risquons une saturation des carnets de rendez-vous des professionnels concernés, alors qu’il faut plusieurs semaines pour les obtenir ».
Avec les autres associations partenaires, nous voudrions faire évoluer les choses dans le sens d’un meilleur équilibre. D’une part, il ne faut pas diminuer les moyens consacrés aux soins des patients atteints du COVID-19. Mais d’autre part, le département dispose d’une offre importante en moyens sanitaires. Les établissements publics sont très sollicités pour le traitement de l’épidémie, mais les cliniques et cabinets privés d’imagerie ou d’analyses connaissent une réduction d’activité. Cela justifierait l’organisation de réponses rapides aux autres patients, pour faciliter ensuite la sortie de crise. L’idée serait de faire prendre en charge davantage de pathologies préoccupantes par le secteur privé, sans dépassements d’honoraires.

Si vous êtes dans cette situation d’attente d’actes médicaux, et que vous considérez que ce report peut entrainer des conséquences sur votre état de santé, n’hésitez pas à revenir vers votre médecin ou établissement de santé. Au besoin, il faut nous adresser un message.


Avril 2020 par l’UFC-Que Choisir de Nantes