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Le NUTRI-SCORE fait plier les industriels

Même s’il n’est pas obligatoire, le label NUTRI-SCORE s’est répandu sur les emballages alimentaires, sous la pression des clients. Les industriels sont ainsi sous pression, et contraints de modifier certaines recettes. Ces changements deviennent aussi un argument de vente.
Les consommateurs ont adopté le NUTRI-SCORE, beaucoup plus lisible que l’étiquetage scientifique réglementaire. Les études de marché montrent que les ventes de produits industriels mal notés (D ou E) sur l’échelle de ce nouveau pictogramme sont en baisse sévère.
Ainsi, une enquête de Santé publique France montre que la quasi-totalité des clients interrogés (93 %) connaissent le NUTRI-SCORE, et plus de la moitié en tiennent compte pour changer leurs habitudes d’achats, délaissant les produits peu recommandables, pour d’autres mieux notés.
Les industriels de l’alimentaire sont donc bien obligés de s’adapter, et pour une fois dans le bon sens.
D’abord, la moitié des produits agro-alimentaires vendus affichent désormais le NUTRI-SCORE. C’est un progrès inattendu, après la campagne acharnée menée par les professionnels pour dénigrer cette méthode d’évaluation et d’affichage, avant que le gouvernement l’adopte comme mesure seulement volontaire.
Là encore, c’est la pression de l’opinion qui a joué, avec l’évolution des pratiques de clients, qui utilisent des applications de notation, largement basées sur le NUTRI-SCORE.
Mais aussi, les compositions des aliments industriels changent, avec moins de sel, de gras ou de sucre. C’est ce qu’annonce INTERMARCHÉ, pour plusieurs centaines de ses références. C’est aussi la promotion des nouveaux bonbons HARIBO, présentés comme « toujours aussi bons », avec moins de sucre. La communication publicitaire la plus futée a été celle de LIEBIG, remerciant ses clients de l’avoir « aidé » à améliorer la recette de ses soupes en briques.
Ces évolutions plutôt favorables à la santé publique pourraient aboutir à l’adoption d’un pictogramme nutritionnel obligatoire, comme annoncé par la Commission européenne.

Mars 2021 par l’UFC-Que Choisir de Nantes