En partenariat avec l’Orpan, l’UFC-Que Choisir de Nantes était à La Maison de quartier Erdre-Batignolles, pour un ciné-santé autour du désert médical, avec le documentaire « Journal d’un médecin de ville ». Un film qui retrace l’évolution de la profession de médecin de ville, un moment d’échanges qui nous a permis d’expliquer en partie la situation et de dénoncer l’aggravation de l’accès aux soins dans notre département.
Une profession en mutation liée à la fracture sanitaire, celle de médecin traitant
Tout au long du documentaire, nous suivons le quotidien du Dr Mesdom, médecin généraliste en région parisienne. Un quotidien bien plus que médical. Son accompagnement est aussi social. Son écoute et les soins qu’il prodigue sont en fonction de sa connaissance du patient, de sa vie, de ses antécédents.
Une jeune femme en épuisement professionnel, une personne en instabilité psychique, une patiente qui se retrouve avec une hanche cassée sans le savoir malgré son passage aux urgences, un homme perdu dans ses prescriptions avec sa valise pleine de médicaments, quelqu’un en détresse psychiatrique qui ne se remet pas du décès de sa femme, un habitué qui vient sans rendez-vous et qui ne repartira pas sans, des consultations à domicile… Un quotidien dense, qui ne s’arrange pas avec l’ouverture de la consultation sans rendez-vous. Une salle d’attente qui déborde.
On comprend assez vite l’importance de la relation entre le médecin et ses patients. Une relation de confiance, voire d’attachement et de dépendance pour certains. Mais voilà, le docteur prend sa retraite le 28 juin. Un départ qui inquiète beaucoup ses habitués, mais aussi ses collègues. Et Thomas, jeune médecin qui assure sa suite ne fonctionne pas de la même manière. En temps partiel pour s’occuper de sa thèse et de sa vie personnelle, la vie du cabinet et la gestion de la patientèle se retrouvent chamboulées.
Vos questions et inquiétudes qui illustrent la fracture sanitaire
À la suite du documentaire, c’est une heure d’échanges qui a suivi, pour laisser la parole aux participants. Alain le Henaff, bénévole et représentant des usagers à l’UFC-Que Choisir de Nantes et Luc Carlier, président régional de l’ordre des médecins ont donné des éléments de réponse, clarifié certaines situations, mais également dénoncé la désertification médicale qui impacte fortement les citoyens et leur santé.
« Je n’ai pas de médecin traitant depuis 1 an et demi, je suis ballottée entre médecins dans une maison de santé, ce n’est pas une situation favorable. »
« Le samedi, c’est une bonne journée pour mourir. Une fois au CHU pour une urgence dentaire, je n’étais pas sûr d’être accueilli tellement il y avait de monde. Une autre fois, je n’ai pas pu voir de médecin avant lundi et j’ai perdu 7 kg. Où est le problème ? Est-ce que le nombre de médecins a baissé ? »
« Comment envisagez-vous l’avenir de la désertification des médecins dans les campagnes par exemple ? »
« Quelle est la vraie raison de la grève des médecins en ce moment ? »
« En Allemagne par exemple, les IPA existent depuis longtemps, les médecins fonctionnent avec les paramédicaux. Pourquoi ne pas faire pareil ? »
« Pourquoi le transfert ne se fait-il pas automatiquement entre les examens médicaux et le médecin ? C’est très anxiogène. »
« 2 ans que je cherche un dermatologue pour suivre l’évolution de mes grains de beauté. J’ai le temps d’attraper le cancer. »
Notre association est engagée depuis longtemps pour lutter contre la fracture sanitaire
Pour rappel, le réseau UFC-Que Choisir dénonce depuis plus de dix ans, la désertification médicale qui frappe notre pays, en rendant notamment facilement accessible les chiffres sur une carte interactive. En novembre 2023, notre fédération attaquait le gouvernement pour inaction devant le Conseil d’État. De notre côté à Nantes, nous avions rendez-vous avec la caisse d’assurance maladie (CPAM) de Loire-Atlantique.
Nous réaffirmons l’urgence à :
- Mettre en place une régulation de l’installation des médecins.
- Réinvestir massivement dans la formation médicale, en lien avec les besoins des territoires.
- Mieux encadrer les dépassements d’honoraires pour lutter contre les barrières financières à l’accès aux soins.
- Au niveau local plus particulièrement, nous souhaitons que l’assurance maladie mette en œuvre des dispositions pour les usagers n’ayant pas de médecin traitant.
De même, nos bénévoles sont engagés dans des instances et établissement de santé pour pousser la voix des citoyens et faire évoluer la situation dans le but d’améliorer l’offre de soin et son accessibilité.
➔ Retrouvez notre article sur la campagne nationale « Ma santé n’attend plus ».
| Février 2026 | par l’UFC-Que Choisir de Nantes |




