De Maryvonne, à Nantes
Je suis âgée de 89 ans, et il m’est arrivé une aventure lamentable avec ma carte bancaire. Deux jeunes filles m’ont abordée gentiment en ville, et m’ont demandé si je voulais bien leur payer un ticket de tram. Je ne me suis pas méfiée : ces charmantes personnes étaient dans l’embarras, et ce n’était pas grand chose pour moi. J’ai utilisé ma carte du CRÉDIT AGRICOLE pour effectuer cet achat, en composant mon code devant elles, évidemment.
Mais le lendemain, alors que je m’étais rendue à l’agence pour faire un dépôt sur mon livret, je me suis aperçue que je n’avais plus ma CB. L’employé qui m’a reçue pour cette opération m’a signalé aussitôt d’importants retraits d’argent, en consultant le compte bancaire. Il a enregistré immédiatement mon opposition. Nous en avons eu la confirmation malheureusement au vu du relevé mensuel reçu quelques jours plus tard. Il y avait six retraits en distributeur, datés de ce jour-là (pour un total de 2 940 €), ainsi que trois paiements par carte (pour 325,50 €).
Suite à ma réclamation recueillie en agence, la banque a répondu par courrier en refusant tout remboursement, au motif que ces opérations avaient été validées par le code confidentiel. J’ai décidé de déposer plainte et transmis le procès verbal au CRÉDIT AGRICOLE, mais je n’ai pas obtenu de suite.
Enfin, l’association est intervenue à ma demande un mois plus tard. Il a fallu deux courriers, mais le second a été efficace. Voici ce que m’a écrit le CRÉDIT AGRICOLE suite à votre mise en demeure : « Après une nouvelle analyse attentive de votre dossier, nous donnons une suite favorable à votre demande. Les sommes de 2 940 € et de 325,40 € seront créditées sur votre compte joint dans les prochains jours. En effet, notre service expert a confirmé la prise en charge du préjudice, car il s’agit d’un vol de carte bancaire dont le numéro confidentiel a été dérobé par ruse. Le CRÉDIT AGRICOLE Atlantique Vendée vous prie de bien vouloir l’excuser pour la mauvaise interprétation initiale de ce dossier, à la lecture de votre dépôt de plainte« .
Notre réponse :
Dans le cas de vol de CB, le principe est le remboursement intégral des sommes fraudées avant opposition. La banque peut appliquer une franchise de 50 €, mais seulement si elle apporte la preuve que les débits ont été valablement authentifiés par code confidentiel. Le refus ne pouvait donc pas être motivé simplement par l’usage du numéro personnel, comme l’avait fait le CRÉDIT AGRICOLE dans sa première réponse.
Le dépôt de plainte laissait en effet penser que les voleuses avaient aussi capté le code à 4 chiffres. Mais la conséquence ne pouvait être que la franchise. Puisque la banque ne peut pas apporter la preuve d’une faute d’imprudence grave de sa cliente, elle rembourse la totalité, et lui fait même grâce des 50 €.
| Février 2026 | par l’UFC-Que Choisir de Nantes |




