UFC-Que Choisir de Nantes

Eau et assainissement, Environnement

Sources d’eau potable menacées en Loire Atlantique : l’UFC-Que Choisir exige un bilan des mesures de protection !

A l’occasion de la journée mondiale de l’eau, les associations UFC-Que Choisir de Nantes et de Saint Nazaire, constatant l’absence d’information sur la protection des 7 sources d’eau potable les plus menacées de Loire-Atlantique par des pollutions en pesticides et en nitrates,  interpelle le Préfet et l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, pour obtenir un bilan détaillé des mesures de protection exigées par la loi.
Alors que les fleuves et nappes phréatiques sont de plus en plus pollués par les rejets agricoles ou voient pour certains d’entre eux une diminution dramatique de leurs débits pendant l’été, la mobilisation de la société civile en 2007 à l’occasion du Grenelle de l’environnement, puis en 2013 lors de la deuxième conférence environnementale pour la transition écologique, a permis d’identifier à travers toute la France un millier de sources et de captages destinés à la production d’eau potable plus particulièrement concernés par ces menaces et dont la protection a été jugée prioritaire.
Sept captages prioritaires sont situés dans notre département : Saffré, Nort/Erdre, Vritz, Freigné, Machecoul, Pornic (les Gâtineaux), St Michel-Chef-Chef (le Gros Caillou). Ils présentent tous un état insatisfaisant de la ressource, du fait de la pollution en pesticides ou (et) en nitrates.
L’exemple le plus significatif est le captage de Machecoul/St-Même, déclaré prioritaire en 2009. Du fait de la pollution à la fois en pesticides et en nitrates de ce captage, des forages ont dû être fermés, faisant passer la production de 1,5 million de M³ en 1990 à 50.000 M³ ces dernières années (division par 30 !). Des plans d’actions ont bien été présentés, mais ils sont « pilotés » par les organismes agricoles (à l’origine des pollutions), sans les associations de consommateurs. A ce jour, aucune décision concrète n’a été prise par les pouvoirs publics pour sauver ce captage.
S’agissant des pesticides et des nitrates, les mesures de protection prévues par la loi consistent à éviter tout risque de pollution à proximité des sources, en favorisant les modes de protection les plus respectueux de l’environnement (tels que l’agriculture biologique ou, dans le cas d’un maintien de l’agriculture conventionnelle, à encadrer très strictement, voire interdire, l’usage des pesticides et des engrais). Ces mesures ayant fait la preuve de leur efficacité sont indispensables, alors que 4 % des consommateurs de notre département ont été desservis en 2016 par une eau contaminée, notamment par ces polluants agricoles.
Les lois issues du Grenelle de l’environnement prévoyaient une protection effective de ces sources en 2012 : force est de constater à ce jour l’absence d’information permettant de mesurer la mise en œuvre effective, captage par captage,  des mesures de protection et leur impact.
Alors que les États Généraux de l’Alimentation ont fait l’impasse sur la politique de l’eau, l’UFC-Que Choisir entend remettre la protection de l’eau à l’agenda des pouvoirs publics.
Les associations locales UFC-Que Choisir de Nantes et Saint Nazaire souhaitent obtenir de la préfecture de Loire Atlantique et l’Agence de l’eau Loire-Bretagne un bilan public détaillé des mesures de protection véritablement mises en place pour chacun de ces captages prioritaires de notre département.

Mars 2018 par Gérard Allard