UFC-Que Choisir de Nantes

Télécommunications : augmentation générale des forfaits mobiles

La concurrence n’inquiète plus sur le marché des télécommunications. La plupart des fournisseurs augmentent leurs tarifs de forfaits mobiles, sans scrupules. Les protestations des clients, surtout les plus fidèles, n’y changent rien. Les abonnés n’ont pas d’autre choix que d’accepter, ou changer de fournisseur.

SFR a été le premier à déclarer l’augmentation de ses forfaits mobiles en 2021. Cette hausse a été générale, y compris sur des formules très anciennes mais peu rentables. Des clients ont protesté parce qu’ils croyaient à l’époque avoir souscrit une offre valable « à vie ».
De nouvelles augmentations sont annoncées par ORANGE, et surtout BOUYGUES TELECOM, le plus gourmand, ou le plus audacieux.
Pour ce dernier fournisseur, des contrats à 5 € mensuel vont presque doubler (8 ou 9 €). BOUYGUES TELECOM avait déjà essayé d’imposer cette augmentation en cours de contrat en 2020. Il a dû y renoncer, car aucun changement de prix n’est possible avant la date d’échéance annuelle.
ORANGE annonce des augmentations plus mesurées, et semble accepter d’y renoncer pour certains clients fidèles, ou multi abonnés.
On voit bien que les contrats concernés sont des formules à très bas prix, souvent anciennes, et peu rentables pour l’opérateur.
Selon le Code de la consommation, le client doit être informé au moins un mois avant l’application du nouveau tarif. Il peut alors résilier sans aucun frais, dans les 4 mois qui suivent. Mais il n’y a pas d’autres options que l’acceptation ou la rupture, comme dans tout contrat à durée indéterminée.

28 mars 2021

Le NUTRI-SCORE fait plier les industriels

Même s’il n’est pas obligatoire, le label NUTRI-SCORE s’est répandu sur les emballages alimentaires, sous la pression des clients. Les industriels sont ainsi sous pression, et contraints de modifier certaines recettes. Ces changements deviennent aussi un argument de vente.
Les consommateurs ont adopté le NUTRI-SCORE, beaucoup plus lisible que l’étiquetage scientifique réglementaire. Les études de marché montrent que les ventes de produits industriels mal notés (D ou E) sur l’échelle de ce nouveau pictogramme sont en baisse sévère.
Ainsi, une enquête de Santé publique France montre que la quasi-totalité des clients interrogés (93 %) connaissent le NUTRI-SCORE, et plus de la moitié en tiennent compte pour changer leurs habitudes d’achats, délaissant les produits peu recommandables, pour d’autres mieux notés.
Les industriels de l’alimentaire sont donc bien obligés de s’adapter, et pour une fois dans le bon sens.
D’abord, la moitié des produits agro-alimentaires vendus affichent désormais le NUTRI-SCORE. C’est un progrès inattendu, après la campagne acharnée menée par les professionnels pour dénigrer cette méthode d’évaluation et d’affichage, avant que le gouvernement l’adopte comme mesure seulement volontaire.
Là encore, c’est la pression de l’opinion qui a joué, avec l’évolution des pratiques de clients, qui utilisent des applications de notation, largement basées sur le NUTRI-SCORE.
Mais aussi, les compositions des aliments industriels changent, avec moins de sel, de gras ou de sucre. C’est ce qu’annonce INTERMARCHÉ, pour plusieurs centaines de ses références. C’est aussi la promotion des nouveaux bonbons HARIBO, présentés comme « toujours aussi bons », avec moins de sucre. La communication publicitaire la plus futée a été celle de LIEBIG, remerciant ses clients de l’avoir « aidé » à améliorer la recette de ses soupes en briques.
Ces évolutions plutôt favorables à la santé publique pourraient aboutir à l’adoption d’un pictogramme nutritionnel obligatoire, comme annoncé par la Commission européenne.

Mars 2021 par l’UFC-Que Choisir de Nantes
28 mars 2021

Automobile : qualités des hybrides trompeuses

La publicité des véhicules en motorisation hybride (carburant et électricité) souligne des vertus environnementales. Mais cet argument est largement injustifié, car les critères d’homologation ne correspondent pas aux véritables conditions de conduite.  
Les ventes de véhicules hybrides ont explosé depuis quelques années, au point que tous les constructeurs mettent en avant ces modèles. Cette mode s’appuie entre autres sur des qualités supposées plus écologiques. Les promotions ne se privent pas de cette thématique pour séduire le client. La réalité ne confirme pourtant pas les publicités.
Certes, les moteurs hybrides consomment moins de carburant, et produisent donc moins d’émissions carbonées.
Mais les résultats publiés par les constructeurs sont trompeurs, et largement sous estimés par rapport aux consommations réelles.
En effet, le protocole de mesure des émissions de CO2 appliqué aux véhicules hybrides simule une conduite idéale, en majorant la distance parcourue en tout électrique (donc sans consommer de carburant). Pourtant, la réalité du roulage est en mode hybride majoritaire.
Ainsi, la consommation mesurée en laboratoire par QUE CHOISIR peut atteindre plus de 10 fois celle affichée par le protocole, et publiée par le constructeur. Par exemple, nous estimons la consommation du MERCEDES 350 GSE à 8 litres aux 100 km, au lieu de 0,7 litres annoncés par la marque. Pour les émissions de CO2, le laboratoire a mesuré 213 g/km, alors que le constructeur affiche seulement 18 g/km.
On constate le même optimisme démesuré pour la DS7 : 30 g/km de CO2 avec le protocole, et 172 g/km en simulation réaliste.

Mars 2021 par l’UFC-Que Choisir de Nantes
6 mars 2021

Vos données WHATSAPP aussi sur FACEBOOK

Les utilisateurs de l’application WHATSAPP ont reçu la notification des nouvelles conditions d’utilisation, sans forcément comprendre leur portée. L’opérateur, filiale de FACEBOOK, oblige à accepter le partage des données personnelles avec sa société mère. C’est contraire à la loi européenne.
L’annonce brutale de privation du service, à défaut d’acceptation (sous un mois) des nouvelles règles applicables à partir de février 2021, a fait hurler beaucoup de clients WHATSAPP.
Les conditions d’utilisation de cette application, publiées en janvier, prévoient tout simplement que l’utilisateur accepte de partager toutes ses données personnelles avec FACEBOOK. S’il n’accepte pas cette clause, son compte est fermé d’office.
Cela concerne le numéro de téléphone, les caractéristiques et l’adresse (IP) de l’appareil, du fournisseur d’accès, de la fréquence d’activité
En 2014, FACEBOOK a racheté WHATSAPP, avec ses deux milliards de fidèles. Il est aussi propriétaire d’INSTAGRAM, également concerné par ce partage de données.
La clause énonçant la mise à disposition des données personnelles pour les autres applications figurait déjà depuis 2016 dans les conditions WHATSAPP, mais elle était optionnelle.
Pourtant, cette mesure est contraire à la législation européenne, selon le règlement général de protection des données (RGPD). Selon ce texte, l’utilisateur doit être libre d’accepter ou non l’exploitation de ses informations personnelles sous toutes ses formes. L’opérateur doit recueillir son consentement, d’où semble-t-il la démarche de WHATSAPP. Mais les autorités européennes ont précisé que le consentement n’est pas donné librement si l’opérateur conditionne l’acceptation à l’utilisation du service.
Les réactions indignées ont fait reculer l’opérateur, qui a différé au 15 mai sa date limite de régularisation… et de coupure automatique.
Le réseau social s’est donné ainsi du temps, mais il risque sans doute une lourde amende s’il ne change pas sa position.

Mars 2021 par l’UFC-Que Choisir de Nantes
6 mars 2021