UFC-Que Choisir de Nantes

Eau et assainissement, Environnement

L’eau du robinet : questions de facture et de qualité

Le prix et la qualité de l’eau potable ont été abordés lors de la réunion de la Commission consultative de service public (CCSPL) de l’organisme ATLANTIC’EAU, en novembre 2021. Les sujets abordés lors de cette concertation concernent une grande partie du département de LOIRE-ATLANTIQUE.
Le gestionnaire ATLANTIC’EAU
ATLANTIC’EAU est le service public de distribution d’eau potable pour 162 communes de LOIRE-ATLANTIQUE, essentiellement en dehors des deux grandes agglomérations, avec 260.000 abonnés.
Le prix de l’eau potable
En 2020, le tarif de l’eau potable facturé à l’usager par ATLANTIC’EAU est resté stable par rapport à 2019. Il se montait à 1,62 € HT le m³ pour une consommation annuelle jusqu’à 120 m³. Ce tarif a été maintenu en 2021 et le sera en 2022. À titre de comparaison, Nantes Métropole et la CARÈNE (SAINT-NAZAIRE) facturent en moyenne 1,47 € HT par mètre cube, CLISSON 1,71 €, VENDÉE EAU 1,79 €, EAU du MORBIHAN 2,27 €. La révision de nombreux contrats auprès des opérateurs privés (essentiellement VÉOLIA et SAUR) a permis cette stabilité des prix facturés, mais il est à craindre que cette situation ne soit pas aussi favorable dans les années à venir.
La facture d’eau distingue plusieurs composantes. Le prix de l’assainissement collectif est de la compétence de chaque collectivité locale, et la tendance est plutôt à la hausse. Les écarts de facturation entre communes sont d’ailleurs très importants. Par exemple, dans la Communauté de communes d’ERDRE et GÈVRE, ce coût varie entre 1,80 € HT par m³ à VIGNEUX et 2,87 € à TREILLIERES (60 % d’écart, pour deux communes voisines). L’UFC-Que Choisir demande une convergence des prix de l’assainissement collectif, au moins dans les communautés de communes et d’agglomération.
La consommation d’eau potable s’amplifie
Sur le périmètre d’ATLANTIC’EAU, la consommation d’eau potable a augmenté entre 2019 et 2020 de 3,9 %. C’est la conséquence de la progression du nombre d’abonnés, mais également de la hausse de la consommation moyenne par abonné (86 m³ en 2020 pour 82 m³ en 2018). Si ces évolutions se poursuivent, la tension sur la ressource en eau deviendra préoccupante dans les années à venir. La prolifération d’arrêtés préfectoraux restreignant l’usage de l’eau (sans beaucoup d’efficacité d’ailleurs) n’y changera rien. Une réelle réflexion avec tous les acteurs s’impose sur le sujet. 
Qualité de l’eau en sortie du robinet
Si les taux de conformité bactériologique sont conformes (99,9 %) en 2020, les taux de conformité physico-chimique atteignent seulement 94,3 %. Ce résultat décevant est dû aux pesticides (MASSÉRAC, NORT/ERDRE, ANCENIS) et aux nitrates (NORT/ERDRE). Pour MASSÉRAC et NORT/ERDRE, cette situation s’est améliorée en 2021, avec le renforcement des traitements en usine. Mais le coût supplémentaire (estimé à 500.000 € chaque année) est supporté principalement par les particuliers, qui ne sont pas à l’origine de ces pollutions.
Communauté d’agglomération de CLISSON SÈVRE ET MAINE
Cette collectivité a décidé de quitter ATLANTIC’EAU en matière de distribution de l’eau potable. L’UFC-Que Choisir et les autres associations de consommateurs regrettent cette décision. L’émiettement des compétences en eau potable ne sert pas l’intérêt des consommateurs : cela réduit la capacité d’investissements répartis, et la force de négociation avec les géants privés de la distribution d’eau. Nous sommes malheureusement persuadés que cette autonomie revendiquée se traduira par une hausse de la facture d’eau des usagers de cette collectivité. 
Contrôles des puits privés
Des usagers nous ont signalé avoir reçu des injonctions de leur opérateur de distribution d’eau (SAUR en particulier) pour procéder à des vérifications de la conformité de leur puits privé. L’objectif est de mesurer les risques de contamination avec le réseau public. Cette possibilité de contrôle est bien inscrite dans le règlement de service d’ATLANTIC’EAU. Mais cela ne dispense pas le gestionnaire de fournir des explications à l’usager. Surtout, le prix réclamé pour cette prestation (environ 130 €) est anormalement élevé. Nous avons demandé à ATLANTIC’EAU que ce coût ne soit facturé que pour les installations non conformes et que la communication vers les usagers soit améliorée. 

Février 2022 Gérard ALLARD